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Litérature- Nouvelles
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La révolte des valises

La révolte des valises

Il fallait toujours partir quelque part. La vallée heureuse et la cabane de chasseur tranquillement réchauffé par le feu n’existent pas. Les maisons n’existent que quand l’homme veut mourir par crédit. La famille, ça existe pour procréer et cracher au monde de nouveaux misérables. L’amour est une douce musique de chambre. La chambre est une prison. La prison, c’est d’abord le monde mais le monde est beaucoup plus grand pour ressembler à une cellule. On peut donc croire, sans le croire vraiment, que seul le voyage existe vraiment…

Le Boss

Le Boss

Non, ce n’était pas un jour d’hiver. C’était plutôt le jour de la grande déchirure. Les vivants finissait leurs tâches du jour et s’en allaient rejoindre la tiédeur d’une maison, d’un giron de femme ou d’une cigarette. Ils avaient froid. Ils frissonnaient avec le vent et le remord.

La pute

La pute

Le cendrier étouffait sous le poids des mégots et du vide. La pièce regardait ses occupants comme une jeune pucelle regarde les visages de ses violeurs. Il y avait quelque chose d’absurde, de parfaitement ridicule dans l’air. La fumée renfermait une promesse que personne ne voulait croire. La façon dont le néant s’appropriait cet espace était à elle seule suffisante pour créer un sens quelque part, là bas, au fin fond de la pièce, là où l’obscurité commence à engendrer de petites étoiles éphémères… 

La Nausée

La Nausée

Le café est vide comme toujours, à cette heure-ci. Quelques murmures me parviennent de l’étage d’en dessous. Damien est certainement en train de se débattre pour posséder cette jeune et fugace Léa. Léa est certainement en train de se faire désirer, de le repousser, amusée par ce jeu pauvrement enfantin ! La rue est morne, est morte. Il n’a pas cessé de pleuvoir depuis hier…

L’ivrogne

L’ivrogne

Sur le mur d’en face, La Grande Odalisque de Ingres faisait étalage de sa silhouette en le regardant langoureusement comme pour lui dire : « T’es assez charmant, toi ! Si tu arrives à prononcer la formule magique, je sortirai de ce tableau et te ferai l’amour comme jamais une femme ne l’a fait ! »…
Il se rappela soudain la réflexion de Diderot : « Il y a trois choses que j’ai beaucoup aimées sans jamais rien y comprendre : la musique, la peinture et les femmes ! »..

Sonata

Sonata

La pluie était sérieuse ce soir-là… « Je ne vous lâcherai pas jusqu’à ce que vous avouiez ! ».. Avouer quoi au juste ? Se demanda-t-elle… Il y a tellement de choses à avouer, Votre Altesse ! Tellement de péchés à expier, tellement de goûtes de ta progéniture à chercher dans le désert !
La pluie était sourde, elle ne voulait entendre que l’ultime aveu des hommes. Et elle, elle voulait prendre un taxi..

Lettre Indécente

Lettre Indécente

Cher Seigneur,
La lettre qui va suivre n’est pas conforme aux rituels pratiqués par les « agenouillés pour rien » et les salate-men pour s’adresser à toi. Aussi, remarque-tu que je te tutoie et que je n’encombre pas ton nom ni les pronoms te désignant par de lourdes et inutiles majuscules !
Bref ; après avoir clarifié ce point je préfère aller droit au but ! T’adresser une lettre n’est pas aussi difficile qu’il n’y paraît, en fin de compte ....

A Celle De Demain

A Celle De Demain

Tu es seule comme seule une reine détrônée ose l’être. La cour est désertée ; plus aucun bruit, aucun souffle de grandeur. Le silence d’un hiver épuisé, ravagé par ses propres ouragans. Le vent cherche désormais une région envahie par la quiétude et l’air immobile ; il veut y perdre son souffle et se figer dans un coin de ciel tranquille. Tu es comme ce vent : fatiguée mais contrainte à souffler en cherchant ce non-lieu où tu ne souffleras plus. Le trouveras-tu un jour ?
Et pourtant, la chair n’est pas encore tout à fait triste et il te reste toujours quelques livres à lire. Peut être est-ce ça qui te fatigue : l’attente ! ...

Les Imperméables

Les Imperméables

Dévisager un homme…
Non pour le séduire ou pour le mettre dans l’embarras.
Non, c’est beaucoup plus subtil…
Dévisager un homme pour l’admirer, pour retrouver dans chacun de ses traits une œuvre d’art, une réponse, un monde…
Cela intéresserait bien peu de femmes. ...

Il n’y a plus de cigarettes !

Il n’y a plus de cigarettes !

Elle but son verre comme on boit son dernier baiser lors d’une rupture. Elle sillonna le bistrot d’un regard nonchalant, pesant toutefois, plein de reproches, pleins de larmes. Elle voulait inviter tout le monde à ses bras, les serrer un à un avec la même chaleur, le même amour, mais elle s’abstint. Quelque chose dans leurs gestes lui interdisait de les importuner avec ses scènes de théâtre absurde. Tout était absurde jusque là ; la voilà l’ère du drame !
-Pourquoi les gens n’aiment pas les ivrognes, madame ?..

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