Interview de Hamid AIT-SAID, Animateur à BRTV
- Par Admin Tifilkout.com
- Publié 08/8/2007
- Theatre
-
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Interview de Hamid AIT-SAID, Animateur à BRTV
vendredi 13 décembre 2002
Propos recueillis par Hamid MOULAHOUM, le 13 décembre 2002
H.M : Azul Hamid, veux-tu te présenter à nos lecteurs ?
H.A.S : Azul. Je suis de la région d’Iferhounène (ex-Ath Itsouwragh), du village Taourirt-Ali-Ounacer. Membre actif de l’Association Culturelle Thawrirth. Auteur compositeur de la pièce théatrale Agharval (1996) ainsi que d’un Sketch intitulé Da Muh Seg? asmi i ruh, qui retrace la vie d’un exilé. De plus, j’ai à mon actif un recueil de poèmes sous le titre Yemma (Ma Mère) et un autre livre d’un millier de proverbes kabyles anciens qui vont être édités bientôt par les Editions Berbères, en france.
H.M : Depuis ton arrivée en France il y a quelques années seulement, ton émission radiophonique hebdomadaire à BRTV, "Imazighen anda m allan, ad sallam i ssut i mawlan", connaît un vif succès. C’est quoi ta recette magique ?
H.A.S :Effectivement, je reçois beaucoup de messages de sympathie et d’encouragement, ce qui me touche profondément et m’encourage à aller de l’avant. En fait, depuis mon jeune âge, j’ai un penchant vers cette culture ancestrale, oubliée. Ma recherche consiste à faire découvrir aux auditeurs les anciens poètes et poétesses(1890 - 1920) tels que : Mohand Saïd Touati, Chikh Arav Hemmad (aveugle, de la région d’Ighil Hemmad, Bouira), Ali Ouamrouche (aveugle également), Fazia Amrouche d’Akfadou, Tassadit Hivel et Tassadit Ounache (toutes deux de Tizi-Ouzou), Fadhma Ath-Ramdane de Larbaâ-n Ath-Irathen, sans oublier la saga de la famille Amrouche (Fadhma, Jean et Taous).
H.M : Tu t’intéresse également aux anciens chanteurs kabyles ?
H.A.S : Naturellement, on ne peut pas dissocier un chanteur d’un poète. Ils mènent le même combat. J’ai eu le plaisir de rencontrer des chanteurs complètement oubliés ou mis à l’écart et qui avaient à une certaine époque un succès fulgurant, je cite : Oukil Amar (de Boghni, très connu avec sa fameuse chanson : chemin de fer vou wourfan), Sid Messaoud (Adh chagaâgh thavrats, chanson reprise récemment par le jeune chanteur Si-Lakhel), Mouhoub Ali (Sahlou uliw d amoudhin), Smaïl Ou Chaavan (d wagui i dhelkhir agma), Zaouch Nacer (l’mehna), Muhend Saïd (Rouh rouh, thadjidh uliw d amejruh)...
H.M : Il est fortement souhaitable, à mon sens, que les téléspectateurs de BRTV, puissent profiter de ce spectacle et pouvoir découvrir ces légendes et ces talons d’antan. Quels sont vos rapports avec l’équipe télévisuelle ?
H.A.S : Toute l’équipe de BRTV forme un bloc uni, dynamique et solidaire. Mes collègues et moi sommes plutôt polyvalents : un cameraman peut très bien m’assurer la technique à la radio en cas de besoin ; de même il nous arrive de donner un coup de main à nos amis de la télévision, y compris sur le terrain. Dès qu’un collègue de la radio a un invité, les amis de la télé l’invitent à leur tour sans tarder en lui fixant un rendez-vous pour un reportage ou un clip, et vice-versa.
H.M : Des projets en vue ?
H.A.S : Oui, énormément. Je compose des poèmes à des chanteurs de renom. Je prépare pour bientôt un montage poétique, en collaboration avec mes collègues de BRTV : Kamel Koulali et Kamel Tharwihth, intitulé : Thighri u goujil (Cri d’un orphelin). Des sketchs et une autre émission humouristique sont en cours avec la même équipe.
H.M : Quels sont tes objectifs futurs et ton souhait le plus cher ?
H.A.S : D’abord réaliser le maximum de mes projets et satisfaire notre cher public. Que la paix règne sans tarder en Kabylie et voir notre Culture Berbère sortir du ghetto de ses éternels ennemis. Enfin, je souhaite beaucoup de succès longue vie à BRTV et qu’elle atteigne un très large public aux quatre coins de la planète et avoir sa place à côté des grands médias internationaux.
H.M : Un derniert mot ?
H.A.S : Je remercie infiniment tous les gens qui ont manifesté leur soutien à BRTV. Je rends hommage à toutes les victimes du Printemps Noir et souhaite beaucoup de courage à leurs familles. Je m’incline devant la mémoire des pilliers de la cause berbère tels que : Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Tahar Djaout, Lounès Matoub et tous les autres. Je passe un bonjour particulier à tous les amis et tous ceux qui me connaissent, à Ferhat Imazighen Imoula, Malika Doumrane, Boudjemaâ Agraw, Lounès Aït-Menguellet, à toute l’équipe de la "Dépêche de Kabylie" et à toi. A très bientôt.
H.M. : Je te remercie. Ar tufat.
Source Kabyle.com
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