Le pélerinage de Azru n T’hur rappelle le moussem de Tan-Tan dans le sud marocain et l’ahellil du Gourara dans le sud-ouest algérien qui ont été proclamé comme faisant partis des chefs-d’oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité.
On sait que c’est grâce au travail de Mouloud Mammeri que l’ahellil du Gourara est sorti de l’anonymat.

La Proclamation des chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité est une distinction internationale qui a été créée par l’UNESCO en 1997.
Elle s’inscrit dans les efforts menés par l’Organisation au niveau international pour la promotion et la sauvegarde du patrimoine culturel.
La Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, adoptée en 1972, intéressait exclusivement la préservation du patrimoine matériel. L’UNESCO a donc souhaité étendre cette protection au patrimoine culturel immatériel, un patrimoine de nature fragile et périssable et pourtant essentiel à l’identité culturelle des peuples. En créant cette nouvelle distinction internationale, l’Organisation entendait alerter la communauté internationale sur l’importance de prendre en considération ce patrimoine et de le sauvegarder.

Le moussem ou anmuger de Azru n T’hur répond par conséquent à tous les critères pour être classé aussi comme chef-d’oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité.

L’Ahellil, plus précisément localisé dans la zone berbérophone du Gourara, est régulièrement exécuté lors de fêtes religieuses ou de pèlerinages, mais également à l’occasion de réjouissances profanes tels les mariages ou les foires locales. Étroitement lié au mode de vie des Zénètes, dont l’essentiel des activités est associé à l’agriculture oasienne, l’Ahellil symbolise la cohésion du groupe dans un environnement difficile et véhicule les valeurs et l’histoire des Zénètes dans une langue aujourd’hui menacée de disparition.
Asensi n Uzru n T’hur nous rappelle aussi le moussem des Fiançailles d’Imilchil. A la fin de chaque saison d’été, au mois de septembre, depuis des temps immémoriaux, une vallée perdue du Moyen-Atlas, à 2000 mètres d’altitude, à une vingtaine de kilomètres d’Imilchil, est en effervescence. Toutes les tribus berbères des alentours s’y retrouvent avant la période des neiges qui les coupera du reste du monde, des mois durant. C’est un rassemblement à vocation commerciale et religieuse, d’abord, mais surtout sociale. En effet, au-delà des échanges commerciaux et des rituels religieux, les femmes choisissent parmi les célibataires ceux qui deviendront leurs maris pour une année (si mésentente conjugale il y a) ou pour toute la vie. D’où le nom de Moussem des Fiançailles. Après une année de labours et après les moissons et les cueillettes, la commémoration du Moussem du Saint patron de la région, Sidi Ahmed Oulmaghni, couronne l’achèvement d’une période de labeur et de travail et annonce le commencement d’un nouveau cycle qu’on souhaite toujours meilleur. Cinq jours durant, la cérémonie des Fiançailles avec toutes sortes de formalités que cela suppose, est accompagnée de la danse "ahidous" sur fond des traditions ancestrales.

L’Hocine Ukerdis
Source makabylie.info