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Le nouveau foyer de jeunes à l’abandon
- Par Mohamed Mouloudj
- Publié 07/30/2007
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Tifilkout
Le nouveau foyer de jeunes à l’abandon
Servant de siège à l’association du village depuis sa création en 1989, il fut comme un dévidoir de stress pour les jeunes. Cela a duré jusqu’au jour où la Direction de la jeunesse et des sports de Tizi Ouzou (DJS), a décidé de construire un foyer pour les jeunes, et ce après moult démarches du comité du village de Tifilkout.
Censé ouvrir ses portes en juin dernier, le nouveau foyer de jeunes de Tifilkout se retrouve, désormais, dans un état de dégradation avancée. Avec un manque flagrant d’entretien et d’aménagement persistants, la bâtisse risque s’écrouler. Edifié sur le sanctuaire de Sidi Hend Welqadi (un descendant des célèbres rois de Koukou), le foyer porte le nom de cet ancêtre. Le lieu dit « Sidi Hend Welqadi », un lieu de pèlerinage et de méditation, accueille chaque année des centaines de pèlerins en quête de rédemption, à l’occasion des zerdas organisées annuellement par les citoyens du village. Servant de siège à l’association du village depuis sa création en 1989, il fut comme un dévidoir de stress pour les jeunes. Cela a duré jusqu’au jour où la Direction de la jeunesse et des sports de Tizi Ouzou (DJS), décidé de construire un foyer pour les jeunes, et ce, après moult démarches du comité du village de Tifilkout. Le foyer de jeunes en question devra, selon la vocation qu’on lui a été signée, accueillir les jeunes, notamment les filles, pour, entre autres formations, la couture, la broderie, l’informatique…. et autres activités culturelles. Aujourd’hui ce projet est ressenti par les citoyens comme une poudre aux yeux. Des travaux de démolition ont été aussitôt engagés par les citoyens du village, mais la construction réalisée à la hâte par l’entreprise en charge des travaux a fait que le résultat est biaisé. “Tous les travaux sont contestables, ils étaient réalisé avec une célérité inouïe, il n’y avait aucun respect des normes du bâtiment”, déclarent les membres de l’association. “Je n’ai jamais vu un peintre mettre de l’enduit sur un mur exposé à la pluie”, dénonce un citoyen, qui déclare, à juste titre, que “la quasi majorité des matériaux utilisés sont douteux”. Tout cela pour dire que la société n’a pas respecté les recommandations des services du Contrôle technique de construction (CTC), pourtant venus maintes fois superviser les travaux. Entre autres défaillances constatées sur la construction murs déformés, électricité défaillante, bosses visibles à l’œil nu sur le carrelage…. et tant de carences qui sautent aux yeux. Ajoutons à cela l’architecture ennuyeuse qui ressemble, selon les dires d’un autre citoyen et sur un air ironique, à un “brancard”, afin, ajoute-t-il “d’ensevelir les jeunes ainsi que leurs loisirs”. “Les services de la DJS nous ont contacté pour prendre part à la marche contre le terrorisme”, se désole un membre de l’association. Rappelons que ces marches ont été organisées après les attentats kamikazes ciblant le palais du gouvernement et le commissariat de Bab Ezzouar le 11 avril dernier. “Au lieu d’y remédier à cette situation détériorée et méprisante, ils nous appellent à condamner le terrorisme que nous avons toujours condamné et combattu”, ajoute l’interlocuteur, qui n’écarte pas la possibilité de recourir à des actions de protestations contre les responsables de la DJS. D’une part, les citoyens du village outrés, s’insurgent contre le mépris affiché par les autorités quant à l'ouverture officielle de ce lieu, pourtant prévue maintes fois et reportée sans aucun préavis; d’autre part, ils se posent la question de la crédibilité d’inaugurer une bâtisse mal bâtie ? Ce qui s’est passé dans ce mausolée et foyer de jeunes est entaché de l’ensemble des tares propres aux entrepreneurs zélés, qui, décidément ne respectent plus rien. “Le premier travail d'un dirigeant n'est pas d'apporter la motivation mais de supprimer les obstacles”, pour paraphraser Adams Scott.