Dans ces collines de la haute vallée de la soummam en basse kabylie, depuis le début de la deuxième quinzaine de décembre les champs connaissent une animation inhabituelle où il est facile d’imaginer le pourquoi ? Simplement c’est la campagne de cueillette des olives qui bat son plein...
Dans ces collines de la haute vallée de la soummam en basse kabylie, depuis le début de la deuxième quinzaine de décembre les champs connaissent une animation inhabituelle où il est facile d’imaginer le pourquoi ? Simplement c’est la campagne de cueillette des olives qui bat son plein. Une campagne pas comme les autres d’ailleurs car celle-ci mobilise toute la famille. En effet, les parents ont attendu que le produit murît bien ce qui facilite sa tombée à terre. Aussi les gens ont attendu les vacances d’hiver des écoliers qui sont d’un grand apport de par leur contribution. Et même damenature était de la partie en gratifiant les fellahs d’un beau temps avec beaucoup de soleil et moins de gelée. Bien auparavant, l’APC n’a pas été en reste dans cette campagne en nettoyant bien les pistes ce qui facilite le transport des récoltes avec des véhicules car l’usage du mulet est peu répandu ces dernières années. Pour notre part nous avons suivi une famille une journéeentière.
Dès l’appel de l’imam à la prière du matin, les vieux se mettent debout et chacun s’en va faire la tâche qui lui revient. La vieille allume le feu et prépare le petit déjeuner ainsi que le déjeuner de la journée et le vieux s’occupe à réunir les outils à mettre dans la voiture pendant que les enfants se levent à leur tour. Il était 8 h quand les membres de la famille prirent place dans la voiture qui prend la route vers Iharkane, leur destination. Sur les routes bondées de monde, la voiture dépasse des familles entières en file indienne et qui ont toutes un même objectif, celui d’engranger la récolte d’olives avant l’arrivée des grandes pluies et peut être la neige qui obstrueraient les routes et rendraient plus pénible le travail. En effet, la terre mouillée devient glissante et salissante. Enfin sur les lieux. Le soleil fait timidement son apparition, et le froid encore intense oblige à un feu pour chauffer les mains et les pieds. D’ailleurs en promenant les yeux on voit partout des brasiers de feu rouges dégageant des fumées blanches montant vers le ciel et se mêlant à des nuages cotonneux qui ornent les cimes des collines.
Les hommes étaient les premiers à entamer le travail en tapant avec des gaules sur les branches faisant tomber à terre des olives que ramasseront les ramasseuses pour les mettre dans des récipients, que, une fois remplis les petits qui aident en même temps au ramassage se chargent de déverser dans des sacs en jute. Ces tâches de fourmis sont menées toute la journée à une cadence soutenue. Il était midi quand le chef de famille appelle à une pause-déjeuner. Tout le monde se réunit autour d’un petit terrain plat propre et bien exposé au soleil, bien évidemment autour de la marmite à la chorba encore fumante. C’est le piquenique au quotidien. Après quelques minutes de régal suivi d’une tasse de café, le travail reprend de plus belle jusqu’à la fin d’une journée pénible où tout le monde rentre tout fier avec le sentiment d’avoir accompli un rituel millénaire laissé comme patrimoine par les ancêtres. Si les autres membres de la famille rentrent à la maison pour se délasser en attendant le lendemain, un rythme qui durera toute la campagne, l’un des hommes transporte la production à l’huilerie où il lui est réservé une petite placette pour sa production en attendant son tour pour le pressage. Pour ceux qui n’ont pas de véhicule ni de mulet, le transport est assuré par un tracteur qui sillonnent les pistes à longueur de journée collectant des sacs de jute pleins d’olives payés a 10 dinars l’un. Ceux encore qui n’ont pas de membres familiaux ont recours à la main-d’oeuvre saisonnière.
Dans la région de Seddouk, que nous avons prise comme exemple, le relief accidenté ne permet pas d’autres cultures autre que l’olivier et à un degré moindre le figuier qui connaît malheureusement une certaine décadence ces 20 dernières années. Pour ceux qui ne le savent pas, l’olivier est un arbre centenaire qui ne nécessite pas d’entretien autres que la taille et les labours de temps en temps. Durant ces quatre dernières années, dans la région d’Ath Aidel les paysans s’adonnent avec les aides de l’État pour certains à la multiplication des oliviers par des plantations et des greffages d’oléastre (Azebouj). Autre détail : des olives noircies on extrait de l’huile utilisée aussi bien en gastronomie qu’en médecine. Pour terminer, durant les deux dernières années, l’insuffisance de la pluviométrie a fait que les productions étaient très faibles, ce qui a engendré l’envol du prix du litre atteignant l’année passée des pics dépassant 500 dinars. La question que le commun des mortels se pose : avec la surproduction de cette année les prix vont-ils baisser en conséquence ? Jusqu’à présent, au niveau des huileries, pas toutes bien sûr, ils ont été reconduits mais attendant tout de même que les paysans rentrent en lice dans cette compétition de vente d’un produit du terroir très demandé pour voir évidemment plus clair
Source lecourier-dalgerie.com Par L.BEDDAR