Le 12 janvier correspond au début du nouvel an berbère. On est déjà en 2959. L'histoire qu'on retient du calendrier berbère est celle-ci : le roi berbère Chachnaq avait refoulé les pharaons, qui avaient tenté une énième invasion, à la frontière Egyptolibyenne. Chachnaq à la tête de son armée avait vaincu le roi Ramsès III. Les pharaons ont de tous temps essayé de conquérir les territoires berbères mais vainement. Cette histoire bien qu'elle reflète un événement historique bien ancré dans les traditions de nos ancêtres, paraît avoir une plus longue portée. En effet, cette date du 12 janvier est fêtée partout mais de manières différentes.

Dans l'ensemble, elle marque la rupture entre les réserves alimentaires cumulées durant l'année. Les Chleuhs, Chaouis, Mzabs,Targuis, Kabyles et même des régions arabophones comme l'Oranie, la Mitidja , le célèbrent. Chez les kabyles, il se traduit par la consommation de toutes les réserves alimentaires et est souvent précédé de dons de denrées alimentaires entre familles et même de déjeuners collectifs. On note que la réserve alimentaire chez les berbères symbolise une autonomie annuelle, une façon à eux de parer à toutes mauvaises surprises (temps durs d'hiver, guerre, mauvaise récolte…). Des plats traditionnels qui diffèrent d'une région à une autre sont préparés. Les kabyles préparent généralement du couscous et sacrifient un coq d'élevage traditionnel. Les petits enfants se voient offrir de nouveaux habits. Les familles se rassemblent à l'occasion. Yennayer est une journée assez particulière pour les femmes aussi ou elles s'adonnent à des chants traditionnels serinés, youyous…Il semblerait que certaines régions d'Algérie fêtent le nouvel an berbère sans pour autant savoir ce que cette date symbolise. Yennayer semble résister au temps et perpétue une coutume ancestrale.

Cette date régit avec exactitude les lois de la nature, à savoir le calendrier agraire puisque dans la foulée de la fête les hommes prospectent leurs terres. Le berbère est en rapport direct avec la nature. L'année est répartie d'une manière minutieuse jour par jour, semaine par semaine et saison par saison. Le calendrier agraire est adopté par beaucoup de peuples qui se sont frottés aux berbères, et partout ou les berbères se sont sédentarisés, ils ont apportés leur savoir partout dans le monde… Le calendrier berbère semble indiquer au fond une civilisation ancestrale, une identité millénaire dotée d'un savoir inestimable

Yennayer et la gastronomie locale
Oufthaien: substantif pluriel de Oufthai( blé, fèves et pois chiches cuits dans de l'eau.Avant de les manger on les sale un peu, d'autres y ajoutent de l'huile) . on fait les « Oufthaien » à l'occasion de certains évènements heureux tels que yennayer, le jour des fiançailles, le troisième jour du mariage et des labours lorsqu'on installe le métier à tisser pour confectionner soit un burnous, soit une couverture, etc.

Taâsbant : c'est un repas réservé spécialement aux moments très heureux; elle est préparée à base de semoule, huile, beurre, épices,... qu'on mélange pour faire des boulettes et qu'on met ensuite dans une sauce. « Ayazit Lkbayel » (coq kabyle) accompagne souvent « Taâsbant »

Aftir : préparé avec de la semoule, huile, beurre Couscous (Sksu) : le plat berbère le plus connu

R'fiss : c'est un repas réservé généralement aux invités bien considérés.

Ce repas est préparé à base de galettes écrasé et du beurre, le tout à mettre dans un four et laisser cuire

Aâssid : préparé avec de la semoule, du blé, du beurre et du lait

Thirkikine : « tighrifin » , préparée avec de la farine de blé mélangée avec de l'eau et cuite dans un « Afan » ou « Atajin ». on les mange en ajoutant l'huile d'olive ou le beurre

Harbit : il est préparé à base de semoule, sous forme de couscous, cuit dans une marmite mélangé à des herbes de « Semouma », puis beurré ou huilé avant de le consommer

Thimkhelaat : on fait cuire deux galettes et l'on met entre elles des corps gras, de l'ail, des oignons et même des dattes, on met tout écrasé entre les deux galettes jusqu'à la cuisson

Atemine : il existe plusieurs genres : -de la semoule de blé mélangée avec l'huile d'olive de la farine de blé préparée dans une poêle en la mélangeant avec du beurre fondu dans la région du sahel on l'appelle « Ouhbik »

Thimkerkecht : on fait écraser les fruits du caroubier après les avoir grillés on les mélange à de l'huile et on les mange avec la galette

Berkoukess : il est comme le couscous mais plus gros ; il se prépare dans une sauce.

Adghes : c'est un plat préparé à base du premier lait de vache nouvellement vêtée. il est mélangé à du gros couscous « Berkoukes » et cuit dans une marmite ; on n'oubliera pas de signaler qu'on met cinq fèves dans la marmite et le premier des membres de la famille à trouver la premiére fève , c'est à lui que revient le privilège de consommer la première portion de beurre qui sera extraite du lait. De ce premier lait, qui est appelé localement « Adghes », c'est très important de le partager avec les voisins et la grande famille.

Grands évènements à travers l'année

12 janvier : yennayer yennayer , chaque année fêtée avec tout le mérite qui lui revient et convient en égorgeant des coqs et en préparant de très bons repas traditionnels. 1er Mars : Maghres chaque premier mars, les familles se préparent pour accueillir le printemps . Pour cela on prépare de petites galettes qu'on appelle en kabyle « Thiqrissine » ; elles sont bien décorées et l'on met souvent le jaune d'oeuf sur les deux parties de la galette. C'est surtout les enfants qui s'amusent tout le long de la journée avec ces galettes : ils les roulent dans les champs. 12 Mars : Adheker C'est la première journée du printemps berbère : c'est pourquoi et dans une opération spéciale pour rendre les champs et les arbres fertiles, on plante des tiges du laurier rose partout dans les champs de blé et d'orge. Aussi sur les arbres, surtout les figuiers ; on y met même dans la maison. L'opération est plus connue sous le nom « Adheker ». En d'autre termes, le « Dekkar » des champs est une sorte d'appel à l'abondance par des branches vertes comme la caprification des figuiers qui porte le même nom. Autres évènements marquants la vie de l'enfant le 40e jour : après la naissance du bébé, on le fait sortir pour la première fois le matin de bonheur il sera posé à l'endroit du passage du troupeau et il restera jusqu'a la sortie du dernier, la mère prépare souvent « ATEMINE » pour la circonstance. La première fois qu'on coupe les cheveux pour le nouveau-né, on fait le soir un bon repas de viandes, couscous, Taâsbant (boulettes de semoule). Ce jour est un grand évènement. Le premier jour de la scolarité des enfants : le soir on prépare les crêpes (thirkikine, thighrifine) pour la circonstance et on met même une crêpe sur la tête de l'enfant pour que la tête s'ouvre comme les trous de la crêpe. Hafit Zaouche
 

Source lecourrier-dalgerie.com