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L’impossible séparation
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Par Abdenour si hadj mohand
Publié le 12/28/2008
 

Par Zahra
Voilà plus de trois longues années qu’elle dormait seule, sur un matelas à même le sol. Depuis, elle n’avait plus osé se glisser,  comme elle le faisait régulièrement d'un mouvement preste, dans le lit qu’elle partageait jadis avec Youcef...


L’impossible séparation

Par Zahra

Voilà plus de trois longues années qu’elle dormait seule, sur un matelas à même le sol. Depuis, elle n’avait plus osé se glisser,  comme elle le faisait régulièrement d'un mouvement preste, dans le lit qu’elle partageait jadis avec Youcef.

Elle m’inspirait plus que de la crainte, une peur inexplicable quand elle venait récupérer ses enfants chez moi.Pourtant elle n'avait rien d'un être grincheux ou belliqueux.  J’avais alors décidé de les solliciter plus davantage pour lui permettre à elle, de se poser pour s’occuper mieux d’elle-même. Mais elle prenait toujours la décision de revenir les prendre une heure après, sans doute son esprit était il préoccupé par l’avenir de ses frêles et vulnérables enfants. Elles n’avaient que 8 et 9 ans, ces deux adorables filles quand le destin impitoyable les avait frappées fort, très fort, pour dissiper de leur visage  ces sourires angéliques  d'enfants insouciants de ce qui pouvait etre leur bon vieux temps. La notion du temps avait disparu  de sa mémoire, elle venait d’etre remplacée par ses enfants, devenus l’unique objet de fixation dans sa mémoire.

En marchant dans la rue elle donnait cette impression d’une aveugle qui ne voyait pas les personnes qu’elle croisait  sur son chemin. Et quand elle les apercevait, l’espace d’un instant fugitif et éphémère, elle semblait vouloir les éviter. 

Elle était hantée par l’obsessande image d’il ya quelques années quand elle venait acheter le pain accompagnée de youcef, son mari qui l’a maintenant abandonnée et disparu comme un rêve.

Soudain, Il lui arrivait d’éviter ces personnes qu’elles connaissaient pourtant bien, car elle devinait à l’avance  qu’à tous les coups elles lui parleraient de youcef, comme pour raviver le souvenir douloureux  de sa tragique  disparition.

Il lui semblait souvent qu’elle entendait des bruits de pas, assourdissants qui la suivaient dans l’escalier de l’immeuble où elle habitait .Ou encore des tintements d’objet en aciers qui font rappeler le bruit de ses clefs quand il les sortait de sa poche. Elle passait de longs moments  à attendre  sans réaliser que tout ce manège n’était que le fruit de son imagination meurtrie par les événements, cette évasion dans le passé sublime ne rencontre que le froid de la matière inerte. Elle attendait que la porte s’ouvre, pour que le visage de son etre chéri apparaisse, mais la porte refusait toujours de s’ouvrir pour laisser entrevoir le visage souriant de son bien aimé. .Elle ne pouvait admettre qu’il ne soit plus là…et que, désormais, elle devait se résigner  à continuer son chemin de la vie toute seule.