Hier à l’Assemblée, les députés repus ont tenté de redorer leur image, ternie par l’adoption en masse de la présidence à vie, quelques jours après que leurs salaires aient été massivement augmentés. Pour se faire pardonner de ne penser qu’à manger, ils ont un peu révisé, à l’occasion de la journée parlementaire consacrée au plan d’action du gouvernement...
Hier à l’Assemblée, les députés repus ont tenté de redorer leur image, ternie par l’adoption en masse de la présidence à vie, quelques jours après que leurs salaires aient été massivement augmentés. Pour se faire pardonner de ne penser qu’à manger, ils ont un peu révisé, à l’occasion de la journée parlementaire consacrée au plan d’action du gouvernaement. Cette séance retransmise à la télévision pour expliquer aux Algériens pourquoi les députés gagnent-ils autant d’argent fait partie de leurs prérogatives, et ils en ont profité pour poser des questions dont personne n’attend de réponse et élaborer des remarques dont personne n’attend qu’elles soient prises en compte. Pourquoi ? Parce que l’Assemblée n’est plus qu’un restaurant où les clients sont aussi serveurs, a fortiori depuis que les députés ont voté eux-mêmes une Constitution qui leur donne moins de prérogatives.
Et parce que le gouvernement tend l’oreille en la laissant bien fermée. Il ne va pas entamer la réforme de la justice pour la rendre indépendante puisqu’il a besoin d’elle en tant que dépendance. Il ne va pas entamer la réforme des banques puisqu’il a besoin de leur état archaïque pour donner des prêts à ses amis. Il ne va pas régler le problème du logement puisqu’il en possède plusieurs à louer, à des prix exorbitants. D’une manière générale, le gouvernement n’est pas là pour expliquer pourquoi rien n’avance mais pour se sacrifier à un exercice théorique obligatoire. Quelle est la question qu’un Algérien aurait envie de poser au gouvernement ? Selon un sondage non publié, réalisé sur un échantillon représentatif de la population, c’est la suivante : « Monsieur le gouvernement, pourquoi vous n’aimez pas votre pays ? », suivie juste après de celle-ci : « Que s’est-il passé dans votre enfance ? »
Source el watan Par Chawki Amari