Le RCD est miné par une crise interne qui risque de s'inscrire davantage dans la durée. Un climat des plus indescriptibles règne présentement au RCD, dans lequel les uns et les autres militants de ce parti s'accusent mutuellement de pratiques anti démocratiques. C'et la pire des situations, celle à laquelle s'offre aujourd'hui le RCD, formation d'essence démocratique et dont les pratiques auxquelles s'adonnent certains de ses responsables relève de la tyrannie, en se référant aux propos mêmes de militants du parti.
« Nous dénonçons les méthodes policières du premier responsable du RCD». Cette petite phrase insérée dans une déclaration qui nous est parvenue hier à la rédaction, portant la griffe des quatre désormais ex-militants, exclus le mois dernier des rangs du parti, renseigne à elle seule sur le malaise qui règne actuellement au RCD. Elle est surtout indigne du parcours du chef du file de ce parti, en l'occurrence son secrétaire général Saïd Sadi, l'une des figures de proue engagées le siècle dernier pour la promotion de la démocratie en Algérie. Autres temps, autres moeurs...
L'on se rappelle en effet qu'aux premiers balbutiements de ce parti, celui-ci réunissait une partie non négligeable des forces vives de la nation dont l'engagement pour l'émancipation du pays se dressait comme une seconde nature. Aujourd'hui, c'est un secret de Polichinelle que d'affirmer que beaucoup parmi les militants de la première heure au RCD, sur qui reposaient jadis les aspirations démocratiques d'un courant important de la mouvance démocrate, ont fini par claquer la porte.

Les raisons invoquées par les uns et les autres pour justifier leur départ du RCD sont multiples mais la vérité est là. Une lapalissade qui consiste à dire qu'en matière de démissions, pour ce qui est du RCD, la coupe est vraiment pleine. Elle déborde même eu égard au contenu de la déclaration rendue publique hier et signée par les quatre militants exclus du parti et qui sont Bennadji Braham, Kheladi Sadek, Achour Saci et Tinouche Azzedine. Ces derniers informent dans leur déclaration commune de la tenue, jeudi dernier, d'une assemblée générale des militants de Béjaïa animée par des secrétaires nationaux. «Organisée dans le but de susciter le soutien des militants au sujet des mesures iniques d'exclusion prononcées à notre encontre, écrivent les quatre contestataires, la réunion s'est terminée au désavantage de nos inquisiteurs ». 

Source le courrier d'Algerie par  Karim Aoudia