Le seul de l’exécutif à préparer l’opinion nationale au pire, Ouyahia avait vu juste, car effectivement le baril de pétrole poursuit sa chute à la veille de la réunion extraordinaire de l’Opep à Oran, où la production de pétrole des pays membres serait maintenue dans un contexte de crise financière mondiale...
Le seul de l’exécutif à préparer l’opinion nationale au pire, Ouyahia avait vu juste, car effectivement le baril de pétrole poursuit sa chute à la veille de la réunion extraordinaire de l’Opep à Oran, où la production de pétrole des pays membres serait maintenue dans un contexte de crise financière mondiale.
Les prix du baril de brent sont tombés vendredi dernier sous les 40 dollars (39,50 dollars) à Londres pour la première fois depuis près de quatre ans (2005). Le premier ministre, Ahmed Ouyahia, en tant que Chef du gouvernement, avait préparé l’opinion au pire, en octobre passé, lorsqu’il avait avancé que «si le baril de pétrole baisse à 60 dollars, les conséquences se feront ressentir en Algérie dans 5 ou 6 ans, si la crise est très dure et que le prix du baril chute à 10 dollars, notre pays sera, malgré cela, à l’abri pour 2 à 3 ans».
Au début du mois de novembre, il avait attiré l’attention de l’opinion en déclarant que la crise financière mondiale «nous rappelle que nous sommes gravement dépendants» et qu’il faudrait se mettre sérieusement au travail pour préparer l’après-pétrole. «Il faut qu’on travaille. Il faut qu’on cesse de penser que nous sommes devenus un pays riche et ne plus parler d’aisance financière» a-t-il rétorqué. En septembre, à l’issue d’une réunion de son parti, le Rassemblement national démocratique (RND), il avait estimé qu’«à 70 dollars (le prix du baril de brut), nous serions en danger, à 60 ça irait mal, à 50 ça irait très mal» en signalant que «les réserves (de change) placées à 3% produiront, comme l’année dernière, 4,5 milliards de dollars». Devenu premier ministre la mi-novembre, M. Ouyahia ne changera pas de cap dans la conjoncture actuelle.
Cependant, à la veille de la réunion extraordinaire de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui se tiendra le 17 du mois courant à Oran, l’exécutif n’avance aucune information sur les retombées d’une réduction ou non de la production pétrolière de l’Opep. Comme il avait aussi souligné que s’il n’y avait pas l’embellie pétrolière, le Fonds monétaire international (FMI) «nous aurait conduit à privatiser de force, non pas des entreprises industrielles, mais des secteurs comme la téléphonie, l’eau, l’électricité et le gaz, qui sont des machines à sous».
Ce même FMI qui aujourd’hui est en pleine crise et a besoin de renflouer ses caisses. D’ailleurs, lors des assemblées générales des institutions de Bretton Woods, il a été demandé aux pays dits en développement qui connaissent une embellie financière de contribuer avec 2% de leur produit intérieur brut (PIB). D’ailleurs, la polémique autour de la visite du directeur général du FMI, Dominique Strauss Kahn, à Alger, rapportée par l’Agence France presse (AFP), suscite des interrogations sur le silence des autorités algériennes.
Par ailleurs, le président Bouteflika a réitéré sa demande de dégager 1% du PIB des pays développés pour l’aide aux pays pauvres, lors de la conférence de Doha, au début du mois. Une promesse vaine. Lors de la semaine de l’énergie, organisée à Alger, le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, avait parlé d’une éventuelle réduction dont le quota sera fixé lors de la réunion d’Oran. Or, il y a deux jours, il a changé de discours en indiquant qu’«il pourrait ne pas y avoir de réduction», lors d’un entretien accordé à la télévision algérienne. Pourquoi ce revirement depuis une semaine, quelques jours après celle du Caire, de la position de l’Opep ? Pourtant, les prix poursuivent leur chute considérablement accompagnée d’une baisse de la demande après la publication des chiffres sur l’emploi américain, alimentant les craintes sur la contraction de la demande pétrolière jusqu’en 2009. La semaine dernière, M. Khelil a même déclaré lors d’une conférence de presse que cette baisse se poursuivrait et ne reprendrait peut-être qu’à partir du 3e trimestre 2009.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a maintenu hier ses quotas de production inchangés à 27,3 millions de barils par jour, a indiqué le ministre de l’Energie et des Mines à l’issue d’une réunion «consultative» de l’Opep au Caire. Entre septembre et octobre, l’Opep a réduit sa production de 2 millions de barils jour (500 000 b/j le 10 septembre puis 1,5 million b/j le 24 octobre dernier à Vienne), soit l’équivalent de 7,3% de sa production qui alimente 40% du marché mondial alors que les pays «non-Opep», qui comptent notamment de gros producteurs comme la Russie, la Chine, les Etats-Unis, le Mexique, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan ou la Norvège et fournissent aujourd’hui 60 % du brut mondial.
Source le Jour d'Algerie Par Fella M.