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Le baril de pétrole sous les 40 dollars, au plus bas depuis quatre ans : l’économie algérienne menacée
- Par Admin Tifilkout.com
- Publié 12/5/2008
- Economie
- Pas noté
Les prix du baril poursuivent leur chute sur les marchés internationaux. Ils sont tombés, vendredi 5 décembre à Londres, sous 40 dollars, à leur plus bas niveau depuis janvier 2005. La cause de cette nouvelle forte baisse des cours ? La publication de très mauvaises statistiques de l'emploi américain, confortant le scénario d'une récession économique en 2009. En effet, plus d'un demi-million d'emplois ont été détruits en novembre aux Etats-Unis, faisant monter le taux de chômage à 6,7% de la population active, un plus haut depuis plus de 15 ans. Les cours ont perdu plus de 100 dollars depuis leur record du 11 juillet dernier, à plus de 147 dollars. Les pays de l'Opep qui se réuniront au 17 au 19 décembre à Oran, devraient réduire considérablement la production pétrolière pour tenter de stabiliser le marché pétrolier.
L'Algérie, dont le ministre de l'Energie Chakib Khelil assure la présidence de l'Opep, plaide en faveur d'une forte réduction de la production. Cette évolution du marché pétrolier pourrait contrarier les projets du gouvernement et le contraindre à revoir à la baisse sa politique de subvention des prix des produits de première nécessité.
La baisse du baril met en danger l'équilibre budgétaire pour 2009 qui a été calculé sur la base d'un baril à 37 dollars. Si les prix de l'or noir continuent de chuter, le gouvernement devrait puiser dans le fonds de régulation des recettes qui dispose de 42.00 milliards de dinars (60 milliards de dollars) pour équilibrer le budget de l'Etat. Il faudrait en effet un pétrole à au moins 60 dollars pour assurer l'équilibre budgétaire l'année prochaine.
Des analystes cités par des agences d'informations voient déjà le pétrole à 30 dollars dans les prochains mois. Mercredi soir, au cours d'un débat organisé par le FCE, l'ancien ministre de l'Economie Hocine Benissad a mis en garde contre une chute brutal du prix du brut en préconisant la plus grande prudence. « Le pétrole nous a toujours joué de mauvais tour dans le passé. Il ne faut pas trop se méfier aux prévisions des analystes. Le pétrole risque de tomber sous la barre des 20 dollars en 2009 », a-t-il dit au cours du même débat.
Un pétrole à moins de 20 dollars le baril affecterait la croissance de l'économie nationale et réduirait l'importance d'un éventuel troisième plan de relance économique actuellement en élaboration.
Pour sa part, un autre ancien ministre de l'Economie Abdellatif Benachenhou s'est, dans ce contexte, interrogé sur l'intérêt de poursuivre le financement des projets publics uniquement sur le budget de l'Etat, avec l'argent du pétrole. Il plaidé pour un retour au marché pour financer certains projets d'infrastructures. Des propositions qui laissent le gouvernement de marbre.
M. Benachenhou a donné des pistes au gouvernement pour réduire la dépense publique, constituée en partie de subventions aux produits alimentaires et à l'achat de médicaments. L'Algérie dépense 5.000 milliards de dinars par an pour payer ses fonctionnaires (1.200 milliards de dinars) et maintenir la stabilité la paix sociale, via des subventions aux produits alimentaires (200 milliards de dinars) et aux médicaments (55 milliards de dinars).
« L'Etat verse annuellement 125 milliards de dinars au secteur de la santé dont près de la moitié sert à l'achat de médicaments », a dit M. Benachenhou plaidant pour un développement d'une industrie locale de médicaments.
Par ali idir Source Tsa-Algerie.com