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Femmes , enfants et chibanis , expulsés de leur village par la 1° section des chasseurs alpins
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Par Abdenour si hadj mohand
Publié le 05/3/2008
 

Femmes , enfants et chibanis , expulsés de leur village par la 1° section des chasseurs alpins  dirigée par le lieutenant PELARDDI , aux ordres du capitaine Wolf et du Capitaine Favier.

Qui ne se souvient pas non plus de ce lieutenant « boiteux », un chasseur alpin de haute et taille fine. Il donnait le visage d’un homme nerveux, irritable conviendrait le mieux pour le caractériser  peut être plus juste. il dégaina son pistolet  d’un geste fébrile avec l’intention avouée de tirer à bout portant sur mon grand père Hadj Ali , après que celui-ci  lui eut intimé l’ordre d’inciter les villageois  à s’enrôler dans les rangs de l’armée française , il avait répondu d’abord sans aucune hésitation «  oui mon capitaine ! » pour n’avoir rien compris à ce que lui disait ce FSE de grade de lieutenant, avant de se corriger  après que le harki présent sur les lieux lui eut expliqué dans sa propre langue la demande du lieutenant  en ces termes : «  A SIL HADJ ALI ! Je crois que tu n’as pas compris ce que..


Femmes , enfants et chibanis , expulsés de leur village par la 1° section des chasseurs alpins diri
Femmes , enfants et chibanis , expulsés de leur village par la 1° section des chasseurs alpins  dirigée par le lieutenant PELARDDI , aux ordres du capitaine Wolf et du Capitaine Favier.

Qui ne se souvient pas non plus de ce lieutenant « boiteux », un chasseur alpin de haute et taille fine. Il donnait le visage d’un homme nerveux, irritable conviendrait le mieux pour le caractériser  peut être plus juste. il dégaina son pistolet  d’un geste fébrile avec l’intention avouée de tirer à bout portant sur mon grand père Hadj Ali , après que celui-ci  lui eut intimé l’ordre d’inciter les villageois  à s’enrôler dans les rangs de l’armée française , il avait répondu d’abord sans aucune hésitation «  oui mon capitaine ! » pour n’avoir rien compris à ce que lui disait ce FSE de grade de lieutenant, avant de se corriger  après que le harki présent sur les lieux lui eut expliqué dans sa propre langue la demande du lieutenant  en ces termes : «  A SIL HADJ ALI ! Je crois que tu n’as pas compris ce que le lieutenant est en train de te demander ? », En ajoutant : «  il dit que vous devez, en votre qualité de chef respecté de tous les villageois, inviter vos concitoyens  à porter l’uniforme français et assurer  la garde  contre les infiltrations et les attaques de fellaghas »

 A ce moment, comme dans une pièce de théâtre, El hadj Ali, d’un air étonné , et d’une voix excitée , avec un geste menaçant de l’index , lâcha son refus d’obtempérer : «  abaden ! Jamais ! Nous ne prendrons  les armes contre nos enfants et nos frères,  fussent ils ce que vous appelez les fellaghas, encore mieux !des hors la loi ».
La spontanéité et la détermination  de notre chibani ont fini par excéder  le militaire qui brandit le pistolet balle au canon, à cet instant précis, et comme dans un film de gangsters, un autre soldat fse  bondit sur cette arme qu’il arracha d’un geste énergique de la main du lieutenant, pour l’empêcher de tirer. Il s’en est fallu de peu que notre chibani soit assassiné ce jour. A cause de son intransigeance ou de l’entêtement du roumi ? Qui avait raison dans cette affaire d’expulsion d’enfants et de femmes de leur chez soi.

Wolf a tiré sa leçon, il n’y avait vraiment rien à faire avec cette famille de fellagas. Ils doivent tous quitter leur village. Mais où doivent ils aller ? Où peuvent ils se réfugier ? Surtout à cette période de l’année. les habitants des villages avoisinants vont-ils  les accueillir comme des hotes , à bras ouverts ou  au contraire appréhender leur arrivée – la peur des représailles, des habitants de Tikilsa , Taourirt , Tifilkout, Ait Ouatas  ne va – t -elle pas  pousser  vers un conflit intestin ? Les membres de  notre famille « de fellaghas » ne vont-ils pas  continuer  à errer dans les champs  et finir  par passer la nuit  dehors ? Et ces enfants  de quelques mois, quelques années  qui n’ont pas  eu droit  ce soir à leur dîner, vont-ils  pouvoir résister  aux agressions de cette nature sauvage ? Ce climat capricieux et son amplitude thermique entre le jour et la nuit, ou entre les différentes saisons trop grande pour la supporter. Qu’importe  ce sont des kabyles ou des arabes .ceux sont ce que les stratèges foudres de guerre  coloniaux appellent sans hésitation aucune, sans état d’âme les dégâts collatéraux – encore faudrait- il  faire prendre conscience  à ces mêmes  zélés que l’action militaire qu’ils menaient en ce moment précis, en cette année 1958, était loin d’être ce qu’ils appellent, selon leur propre vocabulaire, une opération de police. Qui plus est, ces enfants affamés, terrifiés, parce que leurs  amours de papas ont pris le chemin  de la rébellion. Leur résidence est le djebel, ils sont destinés à cette vie de sauvage. Cela me rappelle  un Maréchal d’une certaine époque tout aussi triste qui faisait des femmes et des enfants  des prisonniers, un butin de  guerre. C’était en 1854, à ce même endroit  que le Docteur et non moins général de division  A Bertherand relevait déjà dans son œuvre «  campagnes de Kabylie »  « que  plus 230 prisonniers ont été faits, des femmes et des enfant pour la plupart,  À Thiferounene » pour dire Iferhounéne ; « en passant par illilten »
Comme en 1954 les techniques ont évolué mais le but est demeuré le même : occuper, spolier, affamer, torturer, violer  et assassiner ; pour quel objectif ? Au delà du dessein de la satisfaction  des besoins  économiques, il y a celui  d’assouvir les instincts  bestiaux, criminels.


C’est la conjugaison  de la recherche du bien  être de l’humanité « européenne »  avec la négaton, la suppression  physique  de l’humanité tout court. Si ce n’est  pas cela le nazisme ,  alors je délire - laissez moi alors ce droit de délirer, de dire ce qui  pour moi est lourd , trop lourd à supporter ; cette propension impérialiste à vouloir édifier sa stratégie de sortie de crise , de développement , de leur système global  décadent  sur le malheur  de millions d’enfants , de femmes  qu’ils livrent  à la torture  à la privation  aux lois scélérates de l’impôt payable sur chaque  arbre  , chaque animal domestique que puissent posséder ces pauvres êtres  transformés déjà en animaux eux mêmes. Ces enfants qui n’ont d’autre issue que la voie tracée par leurs pères  et leurs frères aînés qui, malgré la supériorité écrasante de l’ennemi, ont choisi de se battre et mourir pour sauver  ce qui reste de leur unique richesse: la dignité d’êtres humains.

Ils se battent , ces colonialistes pour nous occuper, nous asservir , nous martyriser , nous spolier nous tuer. Nous nous battons pour exister.Ils sont les envahisseurs. Nous sommes les indigènes et non moins propriétaires des lieux. Légitimes.
Ils sont dotés de gros moyens et d’esprit matérialiste. Nous sommes armés de la foi et du courage.
Ils guerroient pour s’enrichir illicitement. Nous résistons pour vivre humblement. C’est la lutte du mal contre le bien où seule la volonté divine en sort triomphante.

Ils tuent leurs frères issus du même ancêtre Adam, l’œil sera toujours là à les regarder du ciel, et la fin de la guerre n’est pas la fin du supplice, Celui de l’esprit pour ceux- là qui auront dans le feu de l’action oublié qu’il existe un jugement dernier que chaque être humain, agresseur ou victime doit inexorablement subir. L’agresseur ne pourra impunément oublier sa victime ; l’espace d’une courte existence pour savourer le butin illicite et illégal, fruit d’une sauvage, criminelle, génocidaire invasion

 

Extrait de l’ouvrage :

«  Les troupes du colonel Amirouche, les Chasseurs alpins et les Harkis, en Kabylie » Guerre d’Algérie 1954-1962