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kabylie 1954-1962
- Par Abdenour si hadj mohand
- Publié 01/26/2008
- Historique
-
Noté:




Femmes , enfants et chibanis , expulsés de leur village par la 1° section des chasseurs alpins dirigée par le lieutenant PELARDDI , aux ordres du capitaine Wolf et du Capitaine Favier. Qui ne se souvient pas non plus de ce lieutenant « boiteux », un chasseur alpin de haute et taille fine. Il donnait le visage dun homme nerveux, irritable conviendrait le mieux pour le caractériser peut être plus juste.
il dégaina son pistolet dun geste fébrile avec lintention avouée de tirer à bout portant sur mon grand père Hadj Ali , après que celui-ci lui eut intimé lordre dinciter les villageois à senrôler dans les rangs de larmée française , il avait répondu dabord sans aucune hésitation « oui mon capitaine ! » pour navoir rien compris à ce que lui disait ce FSE de grade de lieutenant, avant de se corriger après que le harki présent sur les lieux lui eut expliqué dans sa propre langue la demande du lieutenant en ces termes : « A SIL HADJ ALI ! Je crois que tu nas pas compris ce que le lieutenant est en train de te demander ? », En ajoutant : « il dit que vous devez, en votre qualité de chef respecté de tous les villageois, inviter vos concitoyens à porter luniforme français et assurer la garde contre les infiltrations et les attaques de fellaghas » A ce moment, comme dans une pièce de théâtre, El hadj Ali, dun air étonné , et dune voix excitée , avec un geste menaçant de lindex , lâcha son refus dobtempérer : « abaden ! Jamais ! Nous ne prendrons les armes contre nos enfants et nos frères, fussent ils ce que vous appelez les fellaghas, encore mieux !des hors la loi ».
La spontanéité et la détermination de notre chibani ont fini par excéder le militaire qui brandit le pistolet balle au canon, à cet instant précis, et comme dans un film de gangsters, un autre soldat fse bondit sur cette arme quil arracha dun geste énergique de la main du lieutenant, pour lempêcher de tirer. Il sen est fallu de peu que notre chibani soit assassiné ce jour. A cause de son intransigeance ou de lentêtement du roumi ? Qui avait raison dans cette affaire dexpulsion denfants et de femmes de leur chez soi. Wolf a tiré sa leçon, il ny avait vraiment rien à faire avec cette famille de fellagas. Ils doivent tous quitter leur village.
Mais où doivent ils aller ? Où peuvent ils se réfugier ? Surtout à cette période de lannée. les habitants des villages avoisinants vont-ils les accueillir comme des hotes , à bras ouverts ou au contraire appréhender leur arrivée la peur des représailles, des habitants de Tikilsa , Taourirt , Tifilkout, Ait Ouatas ne va t -elle pas pousser vers un conflit intestin ? Les membres de notre famille « de fellaghas » ne vont-ils pas continuer à errer dans les champs et finir par passer la nuit dehors ? Et ces enfants de quelques mois, quelques années qui nont pas eu droit ce soir à leur dîner, vont-ils pouvoir résister aux agressions de cette nature sauvage ? Ce climat capricieux et son amplitude thermique entre le jour et la nuit, ou entre les différentes saisons trop grande pour la supporter. Quimporte ce sont des kabyles ou des arabes .ceux sont ce que les stratèges foudres de guerre coloniaux appellent sans hésitation aucune, sans état dâme les dégâts collatéraux encore faudrait- il faire prendre conscience à ces mêmes zélés que laction militaire quils menaient en ce moment précis, en cette année 1958, était loin dêtre ce quils appellent, selon leur propre vocabulaire, une opération de police. Qui plus est, ces enfants affamés, terrifiés, parce que leurs amours de papas ont pris le chemin de la rébellion. Leur résidence est le djebel, ils sont destinés à cette vie de sauvage.
Cela me rappelle un Maréchal dune certaine époque tout aussi triste qui faisait des femmes et des enfants des prisonniers, un butin de guerre. Cétait en 1854, à ce même endroit que le Docteur et non moins général de division A Bertherand relevait déjà dans son uvre « campagnes de Kabylie » « que plus 230 prisonniers ont été faits, des femmes et des enfant pour la plupart, À Thiferounene » pour dire Iferhounéne ; « en passant par illilten » Comme en 1954 les techniques ont évolué mais le but est demeuré le même : occuper, spolier, affamer, torturer, violer et assassiner ; pour quel objectif ? Au delà du dessein de la satisfaction des besoins économiques, il y a celui dassouvir les instincts bestiaux, criminels. Cest la conjugaison de la recherche du bien être de lhumanité « européenne » avec la négaton, la suppression physique de lhumanité tout court. Si ce nest pas cela le nazisme , alors je délire - laissez moi alors ce droit de délirer, de dire ce qui pour moi est lourd , trop lourd à supporter ; cette propension impérialiste à vouloir édifier sa stratégie de sortie de crise , de développement , de leur système global décadent sur le malheur de millions denfants , de femmes quils livrent à la torture à la privation aux lois scélérates de limpôt payable sur chaque arbre , chaque animal domestique que puissent posséder ces pauvres êtres transformés déjà en animaux eux mêmes. Ces enfants qui nont dautre issue que la voie tracée par leurs pères et leurs frères aînés qui, malgré la supériorité écrasante de lennemi, ont choisi de se battre et mourir pour sauver ce qui reste de leur unique richesse: la dignité dêtres humains. Ils se battent , ces colonialistes pour nous occuper, nous asservir , nous martyriser , nous spolier nous tuer. Nous nous battons pour exister. Ils sont les envahisseurs.
Nous sommes les indigènes et non moins propriétaires des lieux. Légitimes. Ils sont dotés de gros moyens et desprit matérialiste. Nous sommes armés de la foi et du courage. Ils guerroient pour senrichir illicitement. Nous résistons pour vivre humblement. Cest la lutte du mal contre le bien où seule la volonté divine en sort triomphante. Ils tuent leurs frères issus du même ancêtre Adam, lil sera toujours là à les regarder du ciel, et la fin de la guerre nest pas la fin du supplice, Celui de lesprit pour ceux- là qui auront dans le feu de laction oublié quil existe un jugement dernier que chaque être humain, agresseur ou victime doit inexorablement subir. Lagresseur ne pourra impunément oublier sa victime ; lespace dune courte existence pour savourer le butin illicite et illégal, fruit dune sauvage, criminelle, génocidaire invasion Extrait de l'ouvrage : « Les troupes du colonel Amirouche, les Chasseurs alpins et les Harkis, en Kabylie » Guerre dAlgérie 1954-1962 Du même auteur : Abdenour Si hadj Mohand
1. la guerre vécue par un chasseur alpin en Kabylie
2. la guerre franco algérienne dans la poésie kabyle
3. Fils de fellagha
Aux éditions publibook, 14 rue des volontaires Paris 75015 : www.publibook.com
Fils de Fellagha 108 pages Notre avis Avec "Fils de Fellagha", Si Hadj Mohand Abdenour fait uvre de mémoire. Certes, lauteur relate son expérience de combattant pour...(suite) par Abdenour Si Hadj Mohand .
La Guerre franco algérienne dans la Poesie populaire kabyle 34 pages. Notre avis Dans cet ouvrage hybride, soustraire à loubli ce qui doit être retenu de nos prédécesseurs prend une forme plurielle mais pourtant...(suite)
par Abdenour Si Hadj Mohand
La Guerre vécue par un chasseur alpin Notre avis En puisant dans leurs souvenirs, Abdenour Si Hadj Mohand et Jean Collet offrent une vision authentique de ce conflit hors-norme quon...(suite)
par Abdenour Si Hadj Mohand
il dégaina son pistolet dun geste fébrile avec lintention avouée de tirer à bout portant sur mon grand père Hadj Ali , après que celui-ci lui eut intimé lordre dinciter les villageois à senrôler dans les rangs de larmée française , il avait répondu dabord sans aucune hésitation « oui mon capitaine ! » pour navoir rien compris à ce que lui disait ce FSE de grade de lieutenant, avant de se corriger après que le harki présent sur les lieux lui eut expliqué dans sa propre langue la demande du lieutenant en ces termes : « A SIL HADJ ALI ! Je crois que tu nas pas compris ce que le lieutenant est en train de te demander ? », En ajoutant : « il dit que vous devez, en votre qualité de chef respecté de tous les villageois, inviter vos concitoyens à porter luniforme français et assurer la garde contre les infiltrations et les attaques de fellaghas » A ce moment, comme dans une pièce de théâtre, El hadj Ali, dun air étonné , et dune voix excitée , avec un geste menaçant de lindex , lâcha son refus dobtempérer : « abaden ! Jamais ! Nous ne prendrons les armes contre nos enfants et nos frères, fussent ils ce que vous appelez les fellaghas, encore mieux !des hors la loi ».
La spontanéité et la détermination de notre chibani ont fini par excéder le militaire qui brandit le pistolet balle au canon, à cet instant précis, et comme dans un film de gangsters, un autre soldat fse bondit sur cette arme quil arracha dun geste énergique de la main du lieutenant, pour lempêcher de tirer. Il sen est fallu de peu que notre chibani soit assassiné ce jour. A cause de son intransigeance ou de lentêtement du roumi ? Qui avait raison dans cette affaire dexpulsion denfants et de femmes de leur chez soi. Wolf a tiré sa leçon, il ny avait vraiment rien à faire avec cette famille de fellagas. Ils doivent tous quitter leur village.
Mais où doivent ils aller ? Où peuvent ils se réfugier ? Surtout à cette période de lannée. les habitants des villages avoisinants vont-ils les accueillir comme des hotes , à bras ouverts ou au contraire appréhender leur arrivée la peur des représailles, des habitants de Tikilsa , Taourirt , Tifilkout, Ait Ouatas ne va t -elle pas pousser vers un conflit intestin ? Les membres de notre famille « de fellaghas » ne vont-ils pas continuer à errer dans les champs et finir par passer la nuit dehors ? Et ces enfants de quelques mois, quelques années qui nont pas eu droit ce soir à leur dîner, vont-ils pouvoir résister aux agressions de cette nature sauvage ? Ce climat capricieux et son amplitude thermique entre le jour et la nuit, ou entre les différentes saisons trop grande pour la supporter. Quimporte ce sont des kabyles ou des arabes .ceux sont ce que les stratèges foudres de guerre coloniaux appellent sans hésitation aucune, sans état dâme les dégâts collatéraux encore faudrait- il faire prendre conscience à ces mêmes zélés que laction militaire quils menaient en ce moment précis, en cette année 1958, était loin dêtre ce quils appellent, selon leur propre vocabulaire, une opération de police. Qui plus est, ces enfants affamés, terrifiés, parce que leurs amours de papas ont pris le chemin de la rébellion. Leur résidence est le djebel, ils sont destinés à cette vie de sauvage.
Cela me rappelle un Maréchal dune certaine époque tout aussi triste qui faisait des femmes et des enfants des prisonniers, un butin de guerre. Cétait en 1854, à ce même endroit que le Docteur et non moins général de division A Bertherand relevait déjà dans son uvre « campagnes de Kabylie » « que plus 230 prisonniers ont été faits, des femmes et des enfant pour la plupart, À Thiferounene » pour dire Iferhounéne ; « en passant par illilten » Comme en 1954 les techniques ont évolué mais le but est demeuré le même : occuper, spolier, affamer, torturer, violer et assassiner ; pour quel objectif ? Au delà du dessein de la satisfaction des besoins économiques, il y a celui dassouvir les instincts bestiaux, criminels. Cest la conjugaison de la recherche du bien être de lhumanité « européenne » avec la négaton, la suppression physique de lhumanité tout court. Si ce nest pas cela le nazisme , alors je délire - laissez moi alors ce droit de délirer, de dire ce qui pour moi est lourd , trop lourd à supporter ; cette propension impérialiste à vouloir édifier sa stratégie de sortie de crise , de développement , de leur système global décadent sur le malheur de millions denfants , de femmes quils livrent à la torture à la privation aux lois scélérates de limpôt payable sur chaque arbre , chaque animal domestique que puissent posséder ces pauvres êtres transformés déjà en animaux eux mêmes. Ces enfants qui nont dautre issue que la voie tracée par leurs pères et leurs frères aînés qui, malgré la supériorité écrasante de lennemi, ont choisi de se battre et mourir pour sauver ce qui reste de leur unique richesse: la dignité dêtres humains. Ils se battent , ces colonialistes pour nous occuper, nous asservir , nous martyriser , nous spolier nous tuer. Nous nous battons pour exister. Ils sont les envahisseurs.
Nous sommes les indigènes et non moins propriétaires des lieux. Légitimes. Ils sont dotés de gros moyens et desprit matérialiste. Nous sommes armés de la foi et du courage. Ils guerroient pour senrichir illicitement. Nous résistons pour vivre humblement. Cest la lutte du mal contre le bien où seule la volonté divine en sort triomphante. Ils tuent leurs frères issus du même ancêtre Adam, lil sera toujours là à les regarder du ciel, et la fin de la guerre nest pas la fin du supplice, Celui de lesprit pour ceux- là qui auront dans le feu de laction oublié quil existe un jugement dernier que chaque être humain, agresseur ou victime doit inexorablement subir. Lagresseur ne pourra impunément oublier sa victime ; lespace dune courte existence pour savourer le butin illicite et illégal, fruit dune sauvage, criminelle, génocidaire invasion Extrait de l'ouvrage : « Les troupes du colonel Amirouche, les Chasseurs alpins et les Harkis, en Kabylie » Guerre dAlgérie 1954-1962 Du même auteur : Abdenour Si hadj Mohand
1. la guerre vécue par un chasseur alpin en Kabylie
2. la guerre franco algérienne dans la poésie kabyle
3. Fils de fellagha
Aux éditions publibook, 14 rue des volontaires Paris 75015 : www.publibook.com
Fils de Fellagha 108 pages Notre avis Avec "Fils de Fellagha", Si Hadj Mohand Abdenour fait uvre de mémoire. Certes, lauteur relate son expérience de combattant pour...(suite) par Abdenour Si Hadj Mohand .
La Guerre franco algérienne dans la Poesie populaire kabyle 34 pages. Notre avis Dans cet ouvrage hybride, soustraire à loubli ce qui doit être retenu de nos prédécesseurs prend une forme plurielle mais pourtant...(suite)
par Abdenour Si Hadj Mohand
La Guerre vécue par un chasseur alpin Notre avis En puisant dans leurs souvenirs, Abdenour Si Hadj Mohand et Jean Collet offrent une vision authentique de ce conflit hors-norme quon...(suite)
par Abdenour Si Hadj Mohand
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#1 ( si hadj mohand )
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Guerre dAlgérie 1954-1962
Accrochage à Iril El Arvi
Iferhounéne
Eté 1961, toute la région diferhounéne était plongée dans le noir dune nuit fraîche sans étoile, ni clair obscur. À 150 mètres seulement du village est posté depuis 1956 le camp des chasseurs alpins entouré de fils barbelés et quadrillé aux quatre coins cardinaux par des blockhaus.
Régulièrement les soldats roumi, accompagnés de supplétifs autochtones, venaient visiter le village non pas pour un Salem alikoum (1) plein de courtoisie pour ces kabyles à lhospitalité légendaire, mais bien pour s'adonner aux fouilles et aux interrogatoires dune population déjà fortement ébranlée par les premières exécutions sommaires et les fréquentes attaques nocturnes des éléments solidement armés du redoutable colonel Amirouche.
(1) Salem alikoum : que le salut soit sur vous
Cette horde de fse et fsna, vient souvent la nuit arracher brutalement à leur sommeil profond, ces montagnards innocents, primitifs jallais dire sans aucune connotation péjorative. La trouille, la faim, le froid règnent déjà en maîtres absolus dans cette atmosphère de guerre, de mort.
Cette nuit, ils étaient nombreux, ces fsna envoyés en renfort à partir de Palestro (2).Ces soldats français dorigine algérienne, on les appelait ici chez nous, les Imnouchens (2).
(2) imnouchens : cest le nom en kabyle donné aux supplétifs de la région de Palestro ( Lakhdaria) qui sont dispatchés sur dautres régions de Kabylie
Ces imnouchenes, vont se fondre dans cette compagnie composée de plusieurs sections de FSE, FSNA, et de harkis originaires des villages avoisinant. Il y en aurait même de nos voisins, sans doute un peu trop jeunes pour se manifester de façon agressive.
Cette nuit qui restera gravée dans la mémoire de tous ces indigènes kabyles
Sera témoin pour lhistoire de la Kabylie dun violent accrochage entre fellaghas et les éléments supplétifs fsna, ces imnouchens, encadrés par les chasseurs du lieutenant HEIM.
A contrebas du village iril El Arbi (Ath ARVI en kabyle) à 1 km à peine à vol d'oiseau et à moins de 3, en empruntant la piste carrossable et sinueuse, un dur accrochage venait de se produire, opposant un groupe de maquisards retranchés dans une grotte au lieu dit thilmanthine (3), aux militaires français qui les avaient encerclés.
(3) thilmathine : champ situé à contrebas du village ATH ARVI, et surplombant le village TIKILSA, sur le trajet de loued Tirourda.Ce nom de camp, comme, il est courant chez les kabyles, est donné pour signifier les prairies.
Cet accrochage va mobiliser des renforts militaires mais aussi des hommes kabyles puisés dans la population civile. Le repère des fellagas cerné, mis dans un état de siége, attendait des renforts et des munitions du camp diferhounene. Il était à peine 6 heures ou 7 heures du soir.
Une section complète des chasseurs alpins, dans laquelle figurait le redoutable harki du nom de Mohand T sest déplacée au village vers 8 heures du soir pour réquisitionner, hommes et bêtes de somme, et mon frère abdallâh, Houche Tahar, Si Hadj Mohand s, Belkadi A, Samer M feront partie du lot. Ils seront sans doute utilisés comme instruments, moyens ou
Simplement comme chair à canon dans cette sale besogne : assurer lacheminement des caisses de munitions, et des rations alimentaires pour ces embusqués dans la forêt au pied du piton sur lequel de loin, nous apparaissait, perché au sommet, le village Iril El Arbi. (4)
(4) Iril El Arbi : nom donné par la France coloniale au village kabyle ATH Arvi , situé entre les villages de Soumer et Iferhounéne.
Le chemin emprunté, accidenté, sétirant sur un relief escarpé, avait été bifurqué sciemment pour éviter tout accrochage ou embuscade qui seraient provoqués par la présence déventuels groupes de fellaghas qui font légion dans cette partie du territoire.
Le convoi doté de bêtes de sommes devait emprunter un itinéraire des plus irréguliers, pour tromper sans aucun doute la vigilance des guetteurs kabyles qui se sont montrés très efficaces dans leurs missions courageuses et dangereuses.
Au départ du village, le harki notoirement connu en loccurrence Mohand T. commençait à proférer des menaces en direction de mon frère Abdallâh qui devait avoir à cette époque à peine 17 ans.
Il avertit demblée les autres supplétifs et harkis en le désignant tout de go, quil ne fallait , en aucun cas faire confiance à un frère doublé de fils de fellagha, à ce jeune à la tête dure et dont les prédispositions à devenir terroriste ne trompent personne. Son frère, son père, son oncle et ses neveux sont des maquisards de première heure, et tous sans exception ont été abattus, pour le grand bonheur de la France coloniale certes mais non pour ce harki qui se bat pour une cause perdue davance au mieux, au pire pour un idéal qui nen est pas un.
On savisa, bien sur , vite de lisoler du reste du groupe de civils kabyles réquisitionnés pour cette opération - le harki Mohand Précisait de plus en plus sa menace de tuer mon frère dans le cas ou il ne coopérerait pas.
Il sadressa à lui en ces termes, pour, dabord le terroriser :
- « Avec la volonté de Dieu, ce sera aujourdhui ton dernier jour. tu ne reviendras pas vivant de cette opération. je te le promets »
La réponse de mon frère ne s'était pas faite attendre et , le moins que lon puisse dire est quelle était chargée de toute la rage et du dégoût que lon doit à cet ennemi , le colonialisme français ,qui lavait déjà privé de tous les soutiens dont il pouvait avoir besoin dans pareilles situations de guerre : son frère Chérif tué en 1957 au village Mahmoud , son père Hanafi , froidement assassiné , sa tante Zineb , tuée dans une embuscade ,à Ait Ouatas lors de lopération jumelle, son oncle Mohand Ouamar tué dans un accrochage non loin de Bouessaoud , à la même époque , son neveu Mbarek également tué dans une embuscade non loin de ichariden en 1960.
Sa voix se fit alors défiante, entrecoupée de sanglots, il perdit à ce moment, toutes ses inhibitions devant cet ennemi ignorant le bon sens et la logique des choses. Il cracha alors son dégoût dans un ultime courage dun jeune homme dont on sattelait à briser la personnalité, la virilité, lexistence même en tant quhomme. Son équilibre psychologique risquait alors de prendre un coup, et il ne pourrait sen remettre de cette épreuve qui était faite pour le marquer à jamais, sil sen sortait vivant. Cest le traumatisme irréversible, ce que les stratèges coloniaux font passer dans leur opinion publique en usant de termes cyniques, effrontés et éhontés : les dégâts collatéraux.
Il était dans un état second , et il avait un instant perdu tous ses freins psychologiques,et dans une sorte de prière adressée à Dieu ,pour une dernière fois , sadressant au harki quil arrosa copieusement de paroles assassines ,mais néanmoins venues du fonds du cur :
- « Si Dieu le veut bien, tu périras avant moi ! Oh Mohand T. Je suis très confiant en Dieu, et quelque chose me dit que tu seras mort avant moi. Donc je survivrai bien longtemps à toi. Tu auras tout le temps de le vérifier ». En effet, la suite des événements, et lavènement de lindépendance nous confirmerons que cette prière sera non seulement entendue mais quelle sera exaucée dans des conditions horribles. Dieu na t-il pas été clément envers les égarés ou bien a-t-il réservé au péché le châtiment idoine ?
A cette réplique Mohand T réagis avec stratégie pour se venger de ces offenses venant dun fils de fellaghas, dabord en encaissant le coup, et ensuite en tentant dexposer sa victime à la vindicte des harkis, fsna et fse tous confondus. Les soldats présents, emportés par le manége de Mohand T qui avait mis toute la force de ses arguments et son énergie pour attirer la méfiance sur lui en le présentant comme un fils, également un frère, ensuite un neveu de fellaghas. puisque toute la famille est considérée « famille de fellagas ». En effet cela se justifiait amplement dans les faits. Les arguments que ce harkis haineux avait déployés ne nécessitaient pas trop defforts et valaient autant de preuves irréfutables, pour être acceptés, avalés même sans difficulté par cette bande très encline à tuer tout ce qui leur paraissait à leurs yeux, de prêt ou de loin, ressembler aux fellaghas, dans ce bled qui, pourtant les a vus naître et souffrir et grandir.
Il finit donc par faire admettre aux autres soldats que ce jeune Abdallâh nétait autre quun indicateur des « fels » (5), et donc un futur fellagha en puissance.
(5) Fels : diminutif de fellaghas : mot utilisé par les colonialistes pour designer les maquisards algériens. les artisans de la colonisation usent beaucoup de termes méprisants comme : fellouzes, les rebelles, les terroristes.
On isola abdallâh des autres et on lattacha à un des ânes qui ont servi à transporter les munitions et les provisions alimentaires sur les lieux où se déroulait le bouclage.
toute la nuit durant , tout ce monde attendait le lever du jour pour lancer une offensive sur les éléments FLN , encerclés depuis déjà plus de 24heures, retranchés dans ce trou qui surplombe la position des militaires de larmée française., sans que ceux ci puissent les atteindre.. Un véritable siège qui a duré jusquau matin.
Les 3 maquisards ne pouvaient alors séchapper du trou dans lequel ils sétaient terrés. A ce moment, les éléments qui encerclaient la grotte se mettent à attaquer nos 3 djounouds usant dun feu nourri de toutes leurs armes y compris le gaz asphyxiant.
« Les rebelles » acculés sans doute par la puissance de feu et bientôt la raréfaction de lair à lintérieur de la grotte à cause de la fumée qui avait envahi latmosphère. gênés dans leur respiration par les gaz,ils se sont mis à tirer presque au hasard et subitement, nous voyons, lun deux surgir du trou de la grotte, donnant limpression dêtre éjecté, propulsé par une catapulte. Il fut accueilli en lair, par un feu nourri. Et pendant quil culbutait dans lespace, il tressautait à limpact des balles des armes qui continuaient à déverser sur lui un déluge de feu. Il continua son vol plané sur une distance de plus de 100 mètres pour atterrir dans une cuvette, une sorte de bassin rempli deau de rivière dune profondeur de 1 mètre.
On pouvait alors très visiblement distinguer le corps de cet homme de corpulence, Ouazzeddine, un natif de Taourirt BOUDHELES, un village non loin de TIFILKOUT.
Mitraillette aux poings, il atterrit au sol la tête en bas et les pieds en haut, au bord du bassin du roumi, en kabyle thamdha ouroumi (6) sa mitraillette lui ayant échappé des mains ira se flanquer contre le talus, quelques mètres plus haut que son corps terrassé par les balles assassines qui ne cessèrent de lui transpercer le corps.
(6) Thamdha Ouroumi : traduit littéralement : la mare du Roumi, un espèce de bassin naturel formé dans loued Tirourda. À cet endroit la profondeur de leau pouvait atteindre pus dun mètre.
A ce moment, Plus aucun tir, un silence macabre envahit latmosphère. On obligea alors mon frère à descendre au fond de la rivière ou gisait le corps inanimé du moudjahid.un homme robuste ,80 kg, beau, perdant son sang dans le bassin débordant deau de rivière. Il devenait de plus en plus clair,et sa peau prenait une couleur argentée, en même temps que son visage silluminait,pour donner limpression dun enfant qui dormait dun sommeil tranquille, un bébé détendu , à qui ne maquait que le sourire pour rayonner de toute son innocence et sa splendeur. Il venait de nous quitter, pour de bon, et les multiples tentatives pour le remonter au niveau du groupe qui juchait au-dessus de la tête de Abdellah, mon frère, ont été vaines tant cet homme paraissait, à cause de leffet de linertie, peser plus de 200 kg. dune part , et le relief escarpé ; ne permettait même pas dessayer de crapahuter avec un poids de cette taille sur le dos, dune autre part.
On commença alors à lapider mon frère du haut du talus, en se moquant de lui.
Pendant quil essayait en vain de remonter ce corps qui, maintenant a perdu tout son sang et, devenu très clair et brillait à la lumière du jour, on dirait un poisson argenté qui scintille aux rayons du soleil, on ordonna à mon frère de desserrer la ceinture du mort et de récupérer ses rangers.Ce quil fit sans protester.
Pendant ce temps, les harkis continuaient de lapider, en bas, mon frère. On lui demanda de reconnaître le fellagha.en vain. Mohand T simprovisa alors meneur de linterrogatoire :
- « le connais tu ? » demanda t il à mon frère.
- « non ! » lui répondit il, sèchement.
Vers 10 heures trente, arriva alors sur les lieux, le lieutenant Boucher en provenance du camp.
Il vint immédiatement aux informations.Un compte rendu rapide lui fut fait par les harkis zélés. Et cest à qui narrer les faits le plus promptement au lieutenant. : 3 MORTS, dont 2 par asphyxié à lintérieur de la grotte. Tous fellaghas armés. deux seront vite identifiés par nos villageois sans que les militaires naient obtenu de précision : Hormis celui dont nous avions parlé plus haut , enloccurrence Ouazzeddine , le deuxième , Ali serait dorigine de Ait NZER , un village non loin de Ahdouche.Quant au troisième personne ne pouvait donner une quelconque indication à son sujet.Observant la situation lamentable dans laquelle se trouvait ce jeune kabyle de 17 ans, mon frère en loccurrence, Le lieutenant qui venait darriver a vite compris quil pouvait être en danger de mort. , en voyant lacharnement des soldats fsna.il ordonna alors à tous les soldats de cesser ce manège. Quelques Imnouchens continuaient cependant de lapider donnant limpression de se ficher royalement de leur supérieur.
Pris dans un accès de colère, le lieutenant menaça alors quiconque continuerait de lui désobéir. il ordonna que lon cessa toute agressions contre mon frére.il prit alors linitiative du commandement et demanda du haut du talus, à Abdellah , pendant que ce dernier continuait à tenir compagnie au cadavre du fellagha : « est ce que vous pouvez comprendre ce que je peux vous dire ? ».MOHAND T sempressa de traduire en kabyle les paroles du lieutenant en assortissant ces paroles de menaces. « Il te demande est-ce que tu vas répondre à ses questions en disant la vérité ? »
Réponse de mon frère Abdellah en kabyle :
- « mon lieutenant, il veut me tuer ! »
Le lieutenant Boucher :
- « demande lui de choisir quelqu'un pour lui traduire ce que je dis ».on lui expliqua ce que venait de dire le lieutenant .Il sempressa, cependant de répondre toujours en langue kabyle :
- « expliquez à mon lieutenant que je ne peux accepter comme interprète ni Mohand T ni Y.M, Ni BM, »
Le lieutenant :
- « alors qui veux tu prendre comme interprète pour te faire comprendre ? ».Et mon frère Abdellah de répondre :
- « je veux que ce soit Mohand Ouidir Ath M qui traduise ce que je dis au lieutenant et qui mexplique ce que me réponds le lieutenant" »
Alors le lieutenant commença à poser ses questions
- « pouvez vous reconnaître le corps de ce fellagha mort qui est devant vous ? »
Le supplétif MOhand Ouidir Ath M traduisit cette phrase non sans encourager mon frère :
- « Écoute !il te demande si tu connais cette personne qui gît devant tes pieds, vas y parle ! Ne soit pas effrayé. Tu nas rien à craindre. Jarrangerai la traduction. Il te suffit de remuer les lèvres, le reste je men occupe »
En même temps quil traduisait Mohand Ouidir Ath M. encourageait mon frère.Reprenant son courage à deux mains, mon frère finit par dégeler sa situation et se mit à déverser toute sa rancune sur ce supplétif, qui lui avait jusque là rendu la vie très dure, en loccurrence Mohand T, puisque loccasion dor venait de lui être offerte par ce harki et non moins patriotique Mohand Ouidir ath M.
Pris dans cet élan sentimental, il finit par se hasarder dans une aventure de discrédit du terrifiant Mohand T.
- « écoute Mohand Ouidir Ath M , je te demande de traduire intégralement ce que je vais dire au lieutenant Boucher , que jai été frappé et menace par Mohand T. dis lui quil a juré de me faire la peau, vas y traduit, je ten supplie Mohand Ouidir ! »
Sans attendre la traduction, le lieutenant avait saisi quelques mots qui pouvaient suffire pour comprendre le danger qui guettait mon frère. Suite à cela, il ordonna ferment à tous, en martelant ses mots :
- « je vous avertis cette fois, que sil lui arrive quoique ce soit à ce jeune, vous me le payerez très cher ».
Le lieutenant savait tout sur mon frère. Quand on est lieutenant de SAS, inutile de se faire narrer que ce jeune Abdellah était bel et bien issu dune grande famille de fellaghas. Il savait que le qualificatif dont laffublait le Harki , le futur fellagha , disait il à qui veut lentendre, nétait quune psychose dun individu qui se sentait rangé du coté dune cause qui nétait pas la sienne, et, qui plus est, cette cause ne pouvait le servir dans lavenir. Mohand T avait senti, ce jour que le pouvoir ne lui appartenait pas et que ses méfait, sa capacité de nuisance étaient, tout de même, limités par Lordre colonial qui, lui, avait un autre objectif, un autre dessein que de satisfaire lesprit agressif et belliqueux dun kabyle faible desprit, ignorant ses origines et nenvisageant aucune perspective claire davenir pour ses propres idées si tant est quil en avait quelques unes.
Lhistoire retiendra également que ce supplétif zélé ne profitera pas des effets positifs de la France coloniale
Extrait du livre « Kabylie : la guerre vécue »
1954-1962
Du même auteur :
1. fils de fellagha
2. La guerre franco algérienne dans la poésie populaire kabyle
3. la guerre vécue par un chasseur alpin en kabylie
4. les troupes du colonel Amirocuhe
5. la Kabylie : la guerre vécue-1954-1962
www.publibook.com
#2 ( si hadj mohand )
Noté:








IONS
LE JEUNE INDÉPENDANT # 2894 DU LUNDI 19 NOVEMBRE 2007 – WWW.JEUNE-INDEPENDANT.COM – VOS PETITES ANNONCES : (021)66.26.13
Par Kahina Hammoudi
C’ est avec une langue simple et fluide que
l’auteur raconte ses souvenirs. Loin d’être
les beaux souvenirs d’un enfant croquant la vie
à pleines dents, c’est plutôt l’histoire d’un
enfant traumatisé par la guerre, le sang et l’injustice.
Un traumatisme qu’on découvre déjà à
travers les premières lignes du chapitre I :
«Enfants insouciants et innocents, la colère et la
trouille sont devenues notre pain quotidien. En
sortant de chez nous à quelque mètres du barbelé
qui cerne le village, l’impression de liberté
que nous avions ressentie est vite effacée par
ces phrases assassines prononcées par des soldats
français de souche européenne, reconnaissables
à leur accent «a yefehounene, aya ats
tcham izzane» traduit en français cela voulait
dire «habitants d’Iferhounène venez manger de
la m… !». Rien que cela, les leçons que les harkis
ont apprises à ces jeunes français pour nous
narguer, comme si la précarité de la vie n’était
pas suffisamment dure à supporter. Cette phrase
m’a tué de rage, de surcroît quand ma mère,
mes frères et soeurs comprenaient bien ce que
cela voulait dire d’une part, et que d’autre part,
elle renseignait, en la circonstance, sur le cynisme
sadique du chef de cette horde de mal
élevés, de voyous en uniformes.»
La question qui se pose en lisant ce livre : Pourquoi
Si Hadj a choisi Iferhounène ? Dans une
interview il y répond en disant : «C’est là-bas
que j’ai vécu mon enfance qui correspondait à
l’époque de la guerre de libération. Dans le fracas
des armes, les cris de suppliciés et les larmes
des enfants et femmes frappés sauvagement
par les hordes déchaînées de la puissance coloniale
aidée en cela par les nombreux suppôts et
supplétifs.»
Du haut de ce village perché aux sommets des
collines, l’auteur raconte la spoliation des
terres, le non-respect des coutumes et de l’organisation
kabyle… de la part des colonisateurs.
En 1959, Si Hadj Mohand Abdenour était âgé
de neuf ans. Il vit en Kabylie, dans son village
natal, Iferhounène. Il est le fils d’un résistant
exécuté la même année par des soldats
français. A son tour, il entre dans la résistance
et se voit confier des missions qui bien que de
courte durée, n’en sont pas moins dangereuses.
Pour montrer son amour envers son pays et
tous les combattants de la liberté, Si Hadj déclare
dans la préface de son livre : «Cette oeuvre
se veut un témoignage fort sur le sacrifice du
peuple algérien, le drame des hommes, femmes
et enfants colonisés, dominés, maltraités, torturés,
assassinés. Il est aussi une lueur d’espoir
pour les générations montantes des pays développés
pour refuser, rejeter le fait colonial et
condamner la guerre.»
Pour conclure, l’écrivain promet à ses lecteurs
d’autres livres qui paraîtront prochainement :
la Guerre vécue par un chasseur alpin et un fils
de fellagha, la Poésie kabyle et la Guerre
d’Algérie, tome 2. K. H.
Fils de fellagha de Si Hadj Mohand Abdenour
Souvenirs d’un enfant moudjahid
Fils de fellagha est le titre du premier livre de Si Hadj Mohand Abdenour qui vient de paraître aux
éditions Publibook. L’auteur y raconte les atrocités qu’a vécues en général le peuple algérien et en
particulier le village Iferhounène.
Pierre Granier-Deferre, qui vient de décéder
à l’âge de 80 ans, était un cinéaste classique,
un raconteur d’histoires qui a mis en
scène les plus grandes vedettes des années
1960 et 1970 comme Jean Gabin, Simone
Signoret ou Romy Schneïder.
Le réalisateur d’Adieu poulet, la Veuve Couderc
ou le Chat, était hospitalisé à Paris depuis plusieurs
semaines.
Auteur de la Horse, l’Etoile du Nord, Une étrange
affaire (Prix Louis-Delluc et César pour
Nathalie Baye), le Train ou l’Ami de Vincent,
Granier-Deferre a longtemps été considéré
comme un excellent artisan du cinéma, adaptateur
de romans qu’il scénarisait pour la plupart
lui-même et dans lesquels il réservait la part
belle aux grandes vedettes du temps.
Ce cinéaste discret est né le 22 juillet 1927 à
Paris, au sein d’une famille bourgeoise.
Très tôt passionné de films, notamment Goupi-
Mains rouges de Jacques Becker qui lui «donna
envie de faire du cinéma», il entra à l’IDHEC où
il fut «reçu quinzième et dernier», racontait-il. Il
fut longtemps assistant de Marcel Carné ou
Jean-Paul Le Chanois, notamment, qui lui apprirent
«l’éthique et l’exigence».
«A cette époque, l’assistant participait vraiment
à la mise en scène. J’ai pu apprendre ce qu’il ne
fallait pas faire», expliqua-t-il dans une interview.
Pierre Granier-Deferre réalisa son premier
grand film en 1962, vit la naissance de la nouvelle
vague qui ne lui convenait pas et signa pas
moins de 25 longs métrages dans les trente
années qui suivirent.
Il fit alors tourner toutes les stars du temps,
Gabin, Signoret, Delon, Lino Ventura, Romy
Schneïder, Piccoli, Noiret, Rochefort ou Nathalie
Baye, des vedettes dont il disait : «Je travaille
avec des stars pour mieux me cacher derrière
elles.»
Par delà les histoires qu’il mit en scène, tirées
souvent de romans comme ceux d’Alphonse
Boudard, René Fallet, Drieu la Rochelle, Jean-
Marc Roberts et surtout Simenon qu’il adorait,
le cinéaste s’intéressa à l’affrontement psychologique
des personnages, à l’ambiguïté des
comportements. «Ce qui m’intéresse, c’est la
folie ordinaire des hommes, celle que chacun
porte en soi et qui affleure au moindre événement.
Je ne méprise pas l’action, mais j’ai un
penchant pour la psychologie. Je suis un cinéaste
de chambre», confia-t-il un jour.
Des films comme Archipel, Cours privé ou
Noyade interdite montrent aussi un cinéaste
plus complexe, plus trouble que convenu,
mais qui sera moins apprécié par le grand
public. AFP
Décès de Pierre Granier-Deferre
Un cinéaste classique et un raconteur d’histoires
L e Centre culturel français d’Alger
organisera demain à partir
de 17 h une conférence débat
ayant pour thème «La Chine et
l’histoire». Cette conférence sera
animée par Pierre Gentelle. Il s’agit
là de représentations cartographiques
et de schémas vus par
Pierre Gentelle, géographe archéologue.
Pour une lecture plus complète du
lien entre hier et aujourd’hui, il
reprendra les grandes périodes
d’échanges mondiaux pour les
schématiser : de la carte au schéma,
pour mieux faire apparaître
une réalité choisie parmi cette
longue élaboration, dépasser la
représentation du territoire pour
mieux représenter une idée.
Sur le principe des schémas, Pierre
Gentelle reprendra 2 500 ans de
l’histoire de Chine : du réel au
schéma, une réduction du temps à
quelques périodes et faits choisis,
désignés comme significatifs, pour
mieux lire la Chine d’aujourd’hui et
son intégration au monde.
Du pays à la carte, la réduction est
légitime et nécessaire, pour des
raisons pratiques. On n’emporte
jamais un pays avec soi, mais sa
représentation à une échelle réduite
est plus maniable.
Cette réduction exige un choix
drastique de simplification : c’est
lui qui fait sens. La carte appauvrit
volontairement le réel pour mettre
en évidence l’essentiel aux yeux de
celui qui la fait ou de celui qui la
commande.
De la carte au schéma, il n’y a
qu’un pas supplémentaire. Le
schéma désigne encore plus ce qui
compte dans le projet. Il est encore
plus abstrait que la carte. Destiné
à montrer, à faire apparaître
une réalité choisie au sein de la
réalité, il n’a besoin de la forme du
pays qu’en raison de son objectif.
Il n’a pas besoin de la carte qui
porte en elle, par rapport au projet,
un excès d’informations. Le
schéma est une essence, un distillat.
C’est dans le cheminement
inverse, du schéma à la carte et de
la carte au réel, que le schéma
peut trouver sa validité, emporter
la conviction ou réclamer des schémas
complémentaires.
Il rend visible les manques. Il
entraîne la discussion. Il impose
des corrections. Il est tentant d’appliquer
cette démarche à l’histoire
d’un peuple. Un problème parmi
d’autres laissés dans l’ombre : il
faut réduire l’histoire au schéma
de la géographie. K. H.
Conférence débat au CCFA
La Chine et l’histoire
De notre correspondant
M. H. Gherib
Ce thème important, comme nous
le précisent les organisateurs de
l’évènement, est inscrit dans le
cadre du cycle de formation continue
du CHU de Sétif et dans les
recommandations de la journée
des paramédicaux tenu dans le
même établissement en juillet dernier.
En s’appuyant ainsi sur le concours
précieux du laboratoire Nosoclean,
les initiateurs de cette rencontre
placée sous le signe de «l’amélioration
continue de la qualité des
soins à l’hôpital», visent en particulier
à imprégner le personnel médical
et paramédical de cet aspect
important de la prise en charge des
patients hospitalisés.
Il existe par conséquent une
volonté de travailler dans le sens
de la mise en place des dispositifs
permanents qui permettent de
développer la prise en compte du
risque infectieux nosocomial par
les établissements de santé de la
région.
L’objectif, nous dit-on, est de minimiser
au maximum ces infections
qui sont contractées dans les établissements
de soins.
En fait, une infection est
considérée comme telle lorsqu’elle
était absente au moment de l’admission
du patient. Lorsque l’état
infectieux du patient à l’admission
est inconnu, l’infection est classiquement
considérée comme nosocomiale
si elle apparaît après un
délai de 48 heures d’hospitalisation.
On n’a pas encore une idée
précise sur la prévalence et l’incidence
des infections nosocomiales
dans notre pays, mais on sait que
les nouveaux-nés, les prématurés
et les personnes âgées restent particulièrement
sujets à ces infections.
On apprend par ailleurs que les origines
de ces infections sont
«endogènes», lorsque le malade
s’infecte avec ses propres germes à
la faveur d’un acte invasif ou d’origine
«exogène», quand l’infection
est transmise d’un malade à un
autre par les mains ou les instruments
de travail du personnel
médical ou paramédical. Ce germe
peut être transmis aussi par les
germes du personnel porteur ou
alors quand l’infection est liée à la
contamination de l’environnement
hospitalier (eau, air, matériel, alimentation,...).
La qualité des soins et la sécurité
de l’environnement hospitalier doivent
par conséquent faire l’objet
d’une vigilance renforcée et d’actions
de prévention appropriées.
Certaines mesures simples ont
démontré leur efficacité comme le
lavage des mains avant tout soin
ou le port de gants pour réaliser un
geste invasif.
L’assistance a suivi avec intérêt les
sept communications prévues au
programme dont celles présentées
par le Dr Timsiline sur «l’intérêt des
solutions hydroalcoolique à l’hôpital
» et «le risque infectieux en
endoscopie». Pour sa part, le professeur
Queyrell a traité du sujet
inhérent à «l’entretien et la désinfection
d’un bloc opératoire».
Par ailleurs, lors d’un séminaire
médical, le Pr Djamel Eddine
Nibouche a affirmé que plus de 26
% des Algériens sont atteints d’hypertension
artérielle (HTA), dont un
sur cinq ne suit pas le traitement
idoine pour venir à bout de cette
maladie.
Ce cardiologue du centre hospitalo-
universitaire (CHU) d’Hussein-
Dey (Alger) a abordé notamment
les méthodes thérapeutiques
récentes préconisées en cas de
complications cardiaques dues à
l’hypertension artérielle. Une maladie
qui touchera, précisera ce spécialiste
membre de la société algérienne
de cardiologie, 1,5 milliard
de personnes dans le monde à
l’horizon 2025.
Les 150 spécialistes venus des
wilayas de Constantine, Sétif,
Batna, Bordj Bou Arreridj, Biskra et
M’Sila ont été unanimes à rappeler
que les causes principales du HTA
sont le tabagisme, l’abus d’alcool,
l’obésité, le taux élevé du cholestérol
et le diabète.
Les sujets relatifs aux dangers que
représentent les maladies cardiovasculaires
ont été largement
débattus par les spécialistes présents
à cette rencontre qui ont
également révélé que le taux de
mortalité lié à ces «maladies
graves» est de 23,5 %, «dont la
majorité sont des femmes dépassant
la cinquantaine».
La nécessité d’améliorer le niveau
de vie de la population, la pratique
d’activités sportives et la «prise
régulière des médicaments prescrits
» figurent parmi les recommandations
préconisées par les
cardiologues présents à ce séminaire
initié par les laboratoires
Novartis spécialisé dans la production
des médicaments destinés au
traitement des maladies cardiaques,
de cancer et du système
nerveux. M. H. G.
Séminaire sur les infections nosocomiales à Sétif
Pour des mesures plus appropriées
Organisée jeudi dernier au niveau du service de la Direction des activités pédagogique et médicale
(DAPM) du CHU Saâdna-Abdennour, la journée d’étude sur les infections nosocomiales a drainé près
de 300 personnes issues du corps des médecins et celui du paramédical de la wilaya de Sétif.
L a production industrielle dans le secteur public a
enregistré une augmentation de plus de 47 %, au
cours du 3e trimestre 2007, dans la wilaya de Saïda,
comparativement à la même période de l’année
précédente, indique-t-on au niveau de la direction de
l’industrie et des mines. Le taux le plus élevé a été réalisé
dans l’industrie chimique, avec 88,80 %, à la
faveur de la production de 5 261 tonnes de divers
produits chimiques, contre 589 tonnes produites en
2006 au cours de la même période. La production de
matériaux de construction a également connu une
hausse de 43,43 %, relevée au niveau des différentes
unités réparties à travers la wilaya et produisant, entre
autres, du ciment et de la brique. La production
concernant ces matériaux a été estimée à près de
111 980 tonnes, alors qu’elle n’a pas dépassé 63 347
tonnes durant la même période en 2006.
Le secteur des industries de transformation, qui a
connu une production de 19 924 tonnes en 2006, a
vu, quant à lui, une hausse de 29,21 %. F. A.
Hausse de la production
dans le secteur public à Saïda
DR
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CULTURE
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Alger, capitale de la culture arabe
2007
Jusqu’au 22 novembre 2007 :
semaine culturelle de la Libye.
Musée national des beaux-arts
(El-Hamma)
- Jusqu’au 25 novembre :
exposition intitulée «Benanteur-
Khedda-Louil ». La gravure
algérienne est dédiée aux grands
artistes dans cette discipline.
Musée national des arts et
traditions populaires (La Casbah,
Alger)
Exposition intitulée «La vie
quotidienne à Alger», par Aziza
Amamra.
Centre culturel français d’Alger
(CCFA)
- Jusqu’au 27 novembre :
exposition «La bande dessinée en
France aujourd’hui», de Thierry
Grinsteen. Cette exposition est
consacrée à la bande dessinée et
réalisée en collaboration avec le
Centre national de la bande
dessinée et de l’image
d’Angoulème. Elle montre la
bande dessinée, des pages
complètes, des albums et
journaux en taille réelle, mais
aussi des planches originales.
Il s’agit cette fois de rendre
compte des divers aspects de la
bande dessinée contemporaine.
Cinéma Algeria
- Tous les jours à 15 h et 21h30 :
projection du film l’Envers du
miroir de Nadia Cherabi-Labidi.
Cinémathèque de Béjaïa
Tous les jours à 21h30 :
projection du film l’Envers du
miroir de Nadia Cherabi-Labidi.
Radio nationale
- Demain à partir de 19 h :
concert de musique classique
avec Jean-François Dichamp au
piano, au centre culturel Aïssa-
Messaoudi sis 21, boulevard des
Martyrs – Alger.
2e édition du festival international
de musique andalouse jusqu’au
13 décembre
La manifestation se déroulera à la
salle Ibn Zeydoun de l’Office
Riadh El-Feth, El-Madania, Alger.
Bibliothèque nationale algérienne
(El-Hamma)
Jusqu’au 24 novembre :
exposition de photos peinture.
Regards croisés de deux artistes,
Mme Farida Sellal et M. Dokmane
A.I.L, qui nous feront voyager du
désert à...
Cinémathèque d’Oran
- Jusqu’à après-demain :
projection du film l’Envers du
miroir. L’Envers du miroir est le
titre du film réalisé par Nadia
Cherabi, où elle raconte l’histoire
de deux destins que le hasard a
fait se croiser. Ce film, qui a
connu un franc succès à Bejaïa,
est à l’affiche à Alger, au cinéma
Algeria, à raison de deux séances
quotidiennes.
Musée Ahmed-Zabana d’Oran
- Jusqu’au 22 novembre :
exposition «Les lieux révélés», par
Affif Cherfaoui au 19, avenue
Ahmed-Zabana, Oran.
Rareté des matériaux
de construction
Les entrepreneurs
d’Annaba tirent
la sonnette d’alarme
DANS un communiqué diffusé
avant-hier, la Confédération
générale des opérateurs économiques
algériens (CGOEA), par le
biais de sa fédération d’Annaba,
vient de dénoncer, une fois encore,
les contraintes rencontrées
par cette association.
Ces contraintes «entravant l’acte
de bâtir et la qualité du cadre de
vie ainsi que l’organisation patronale
qui active dans la wilaya».
Selon les rédacteurs de ce communiqué,
ces entraves concernent
aussi les difficultés d’ordre
foncier, financier, parafiscal et
l’indisponibilité des matériaux de
construction. Les entrepreneurs
privés dénoncent aussi l’inaccessibilité
au foncier du fait de l’absence
d’information relative au
cadastre, des lourdeurs administratives
qu’ils rencontrent et le
black-out autour des instruments
d’urbanisme approuvés ou en
voie de réalisation.
Cette contestation concerne également
le fait que «le privé est
toujours considéré comme élément
à risque par les banques»,
sans parler de la centralisation
des opérations de crédits qui
engendre des lourdeurs dans le
traitement des dossiers relatifs à
l’accompagnement bancaire.
Cette lenteur, selon M. Lahmar
Idriss, responsable de la CGOEA
d’Annaba et signataire du communiqué,
viserait «l’asphyxie,
l’effondrement puis la disparition
des opérateurs privés du bâtiment.
Ces derniers seraient aussi
lésés par l’accroissement important
des cotisations parafiscales
qui sont passées pour la CNAS de
29,25 % en 1982 à 35 % actuellement
».
Ils soutiennent le fait que l’allégement
de ces charges permettrait,
par la baisse du coût de
production, la création d’un
nombre plus important de postes
d’emploi. La rareté des matériaux
de construction aussi bien pour
le secteur public que le privé est
mise en exergue. Ciment, rond à
béton, agrégats et sable sont en
«rupture épisodique» et les promoteurs
concernés réclament de
l’administration «le contrôle et la
régulation qui sont des missions
de l’Etat».
Le problème endémique de l’absence
de la main d’oeuvre qualifiée
reste toujours posé. Cette
grave lacune, selon le responsable
de la CGOEA d’Annaba,
«empêche la réalisation d’ouvrages
d’art et des architectures
de caractère traditionnel».
Malgré la qualification des
architectes, lit-on dans ce communiqué,
«il est regrettable de
voir nos villes dépourvues de
construction retraçant notre
identité et intégrant les éléments
tirés de nos valeurs historiques et
culturelles».
Dans ce contexte, la CGOEA a
lancé un appel au ministère de
l’Habitat et de l’Urbanisme pour
prendre en considération ce
point précis dans le but, estiment
les entrepreneurs, de créer des
ensembles alliant la modernité à
la tradition. M. T.
La prévention reste le meilleur des remèdes.
#3 ( saliha fille de tassadite fille de ounissa si hadj)
Noté:








j ai lu votre article c'est un excelent travail de recherche et surtout emouvant .
#4 ( SI HADJ)
Noté:








salut saliha
#5 ( kaci)
Noté:








tu parle que des sihadj
#6 ( si hadj)
Noté:








je parle de tous les maquisards. il faut lire mon livre " mémoires d'un enfant de la guerre" paru aux éditions l'harmattan