Les Architectes
Dans les années soixante, juste à la fin de la guerre d’Algérie, en France le flux de rapatriés d’Afrique du nord engendra une subite demande de logements, il a donc fallu construire beaucoup de logement, et le faire vite. Dans l’urgence et la précipitation. Les Architectes se contentaient de dessiner un étage simple et de le multiplier par 20 pour obtenir un immeuble de 20 étages : étude simple et rapide, fabrication de série donc rentable pour les artisans et entreprises....
Dans les années soixante, juste à la fin de la guerre d’Algérie, en France le flux de rapatriés d’Afrique du nord engendra une subite demande de logements, il a donc fallu construire beaucoup de logement, et le faire vite. Dans l’urgence et la précipitation. Les Architectes se contentaient de dessiner un étage simple et de le multiplier par 20 pour obtenir un immeuble de 20 étages : étude simple et rapide, fabrication de série donc rentable pour les artisans et entreprises.
Malheureusement quelques années après ces cités dortoirs posent des soucis à la société. Ces ensembles qui se ressemblent s’avèrent inhabitables et se transforment en cité ghetto pour finir zones de non droit avant de s’effondrer avec fracas sous la dynamite des artificiers démolisseurs.
Les pouvoirs publics qui ne sont pas du genre à pratiquer le mea culpa accusèrent alors les Architectes. : vous êtes nuls, vous ne savez dessiner que des carrés et des rectangles, vous n’êtes bons qu’à construire des boîtes d’allumettes au sens propre et au figuré, bref ils en ont pris pour leurs grades a cette époque.
Vexés, depuis les Architectes sont passés d’un extrême à l’autre, ils ne dessinent plus rien de droit ou de carré ou de formes symétriques.
Les schémas qu’ils proposent désormais ressemblent plus à une serpillière froissée jetée au sol et photographiée par-dessus, une espèce d’art abstrait complètement asymétrique, des formes plus proches d’un escargot et autres mollusques inversés.
Les ingénieurs chargés d’établir des notes, de calculer et dimensionner ces structures de plus en plus biscornues, se rongent les neurones et utilisent des logiciels complexes et onéreux pour y parvenir mais ceux qui souffrent le plus sont les techniciens et dessinateurs chargés d’établir des plans de réalisation de ces ouvrages de plus en plus complexes à représenter, cela complique la fabrication en atelier et rend également laborieux leurs poses sur le site.
L’ambiance de travail dans les bureaux d’étude est souvent studieuse mais parfois les personnes se lâchent (comme pour évacuer un surplus de stress dû à la complexité des tâches) et on assiste alors à de vraies séances de crises de rires et de blagues de toutes sortes.
Concernant les nouveaux architectes : Par exemple un architecte c’est quelqu’un qui s’occupe de tout mais qui n’est spécialiste de rien...
En témoigne ce genre de communiqué qui se transmet d’un bureau à l’autre
Je vous le cite textuellement.
« L’ARCHITECTE est un homme qui sait très peu de choses sur un très grand nombre de sujets et qui, progressivement, en sait de moins en moins sur un nombre toujours plus grand, jusqu’à ce qu’il ne sache pratiquement plus rien sur à peu près tout.
Au contraire, un INGENIEUR est un homme qui sait beaucoup de choses dans des domaines limités et qui, au cours de sa carrière professionnelle, en sait de plus en plus sur des sujets de plus en plus limités, jusqu'à ce que finalement il sache pratiquement tout sur à peu près rien.
Le MAITRE D’OUVRAGE commence par savoir tout sur tout mais finit par ne plus rien savoir rien sur rien, et ceci est dû en ce qui le concerne à la fréquentation des Architectes et des ingénieurs ».
Conclusion, blague à part, entre dessiner des boites d’allumettes et dessiner des mollusques inversés, il y a sûrement une voie du milieu, un retour à un peu plus de symétrie et de droiture dans les lignes, rendrait la vie plus simple à tout le monde, et peut-être même freinera l’hécatombe de faillites qui frappent une par une les entreprises de ce nébuleux secteur d’activités.
Paris 2007-06-24