Dotés d’une gestion des ressources plus que séculaire, la plupart des villages en Kabylie adoptent une façon de partage qui profite à tout le monde. La twiza, timchret, tachemlit… sont autant de pratiques organisées en faveur de la collectivité dans l’intérêt de tous, prônant un élan de solidarité et d’égalité entre les uns et les autres. Les citoyens sont appelés par le biais de leur comité à agir ensemble dans le cadre de leur vie sociale.

En dehors des aides allouées par l’État, très rares et se limitant au strict besoin dans le cadre des PCD comme les assainissements ou l’éclairage public, les villageois prennent eux-mêmes en charge de nombreuses réalisations.
Pour répondre à leurs besoins, les citoyens opèrent des cotisations entre eux. Le montant de la somme peut être fixé par le comité de village ou laissé à la capacité du donateur.
D’autres ressources sont collectées au cours de manifestations traditionnelles, au niveau des mausolées lors des fêtes coutumières organisées en l’honneur des saints patrons de la région, comme Sidi Abderrahmane, Bouchiker ou Azro n’Thor. Chaque été, maints villages organisent ce genre de cérémonies, par croyance ou par tradition, un moment de fête, de messe et de convivialité entre les villageois et leurs invités qui viennent parfois de partout pour honorer les saints. Cela se passe toujours autour d’un plat de couscous bien garni.

Une occasion pour le comité de récolter des dons, de l’argent et des produits en nature pour la baraka. Cette collecte est ensuite injectée dans la caisse du village et sert bien souvent à lancer des projets pour le développent.
Pour Amara, membre du comité du village Aït Arbi, dans la commune d’Iferhounène, “l’argent récolté dans les mausolées sert, la plupart du temps, au bétonnage des ruelles, à la réfection du réseau AEP et au captage de sources. L’argent est aussi utilisé dans l’entretien du cimetière, les clôtures, l’achat d’outils et de matériaux nécessaires aux travaux périodiques de réfection ou de réparation des lieux et biens collectifs”.

Les fonds sont gérés par le comité du village qui est soumis à un compte rendu annuel de tout ce qui a été fait comme travaux, donnant lieu à des bilans moral et financier. Ce qui représente une assurance pour tous les donateurs et les citoyens qui non seulement participent pour la  baraka, mais également à la vie sociale et au développement de leur collectivité.