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Après sept ans de détention provisoire - L’accusé du meurtre de Matoub sera jugé à Alger
- Par Sarah HAIDAR
- Publié 08/11/2007
- Matoub Lounes
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Malik Majnoun, le présumé terroriste ayant pris part au meurtre de Matoub Lounès, sera muté de la prison de Tizi Ouzou à Alger ou à Boumerdes pour son jugement. Et ce, pour éviter d’éventuelles perturbations dans la région en vue de la sensibilité du problème et surtout, de la victime du meurtre : le chantre et le héros de la culture berbère.
Après moult protestation et interventions judiciaires contre la détention provisoire phénoménale qui a duré sept ans, ce qui est considéré par toutes les lois comme violation des droits de l’homme, les autorités ont enfin décidé de mettre fin à cette supercherie en laissant entrevoir un jugement proche de l’accusé, sans pour autant définir la date exacte !
Rappelons que l’accusé avait nié toute affiliation au groupe de l’Ex-GSPC et avait précisé, témoignages à l’appui, qu’à l’heure de l’assassinat de Matoub, le 25 juin 1998, il travaillait dans un restaurant à Tizi-Ouzou. Notons aussi que l’accusation s’appuie sur le témoignage d’un terroriste repenti ayant affirmé que le dénommé Malik Majnoun était chargé de rendre compte au groupe terroriste des déplacements de Matoub Lounès.
L’éventuelle mutation de l’accusé a été, faut-il le dire, une décision perspicace. En fait, si la population de Tizi-Ouzou se révolte en cours du jugement de M. Majoun, ce ne sera point en vue de son statut d’accusé certain du meurtre de Matoub mais parce que ladite population refuse de croire, heureusement, que le meurtre a été manigancé par le GSPC ou le GIA ou tout autre organisme terroriste.
Le jugement de Malik Majnoun sera la réponse injuste et crapuleuse des autorités aux questions tourmentés et légitime de la famille, les admirateurs et tous ceux qui ont aimé le défunt. Cette réponse mettra fin, pensent-ils, aux interminables tergiversations quant à l’accomplissement de la justice. Or, accuser un supposé terroriste du meurtre de Matoub sera loin d’étancher la soif et la rage de la population certaine, du moins pour la plupart, que ce n’est là qu’une mascarade grotesque visant à taire les réclamations et les appels légitimes de toute une Kabylie blessée dans son honneur et son identité.
Personne n’ignore que Malik Majnoun n’est qu’un pauvre bouc-émissaire à qui a-t-on collé l’assassinat de Matoub pour étouffer l’affaire. Les émeutes et la révolte du peuple kabyle au lendemain du crime n’a pas pu mettre les vrais coupables derrière les barreaux. Que dire alors maintenant que neuf ans se sont écoulés ? Triste question dont la réponse est claire : dans un Etat policier par excellence, despotique et anarchique, il ne pourrait y avoir aucun espoir que la justice soit faite. Matoub est mort, son pseudo-meurtrier sera jugé et condamné. Et l’affaire Matoub Lounès sera, à jamais, classée sauf, peut être, dans les cœurs de ses éternels inconditionnels qui sauront toujours dire haut et fort la vérité reniée et écrasée par « La vérité-mensongère » de l’Etat. Même si personne n’espère maintenant que les vrais commanditaires du meurtre soient jugés et punis de leur abominable crime, on doit néanmoins maintenir et préserver la vraie Histoire en la communiquant au monde par tous les moyens possibles pour clamer, n’en déplaise aux politicards et aux assassins de l’époque, la vraie version de la fin tragique de Matoub Lounès, l’éternel revenant qui ne quittera jamais la Kabylie, ni par sa voix ni par sa présence immortelle parmi nous.
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